11e Journée René Nelli : Bouisse 2019

8 juillet 2019

Ce 29 juin, le château de Bouisse accueillait pour la onzième fois la journée René Nelli à Bouisse, organisée par l’Association d’études du Catharisme / René Nelli qui posait cette année une question sulfureuse : « Le catharisme est-il une réalité, une invention ou un mythe construit ? ».

À l’invitation de Philippe Ramon, neveu de René Nelli, héritier du château de Bouisse et président de l’AEC, la soixantaine de participants fut accueillie dès le matin par Hervé Baro, premier vice-président du conseil départemental de l’Aude et par André Delfour, 1er adjoint au maire de Bouisse, tous deux très attachés à l’identité occitane et à l’histoire locale. Hervé Baro eut à cœur de mentionner dans son discours d’introduction à la journée que le slogan emblématique « Aude, pays cathare » serait sciemment maintenu en vigueur et même développé avec des applications informatiques à télécharger. Il rappelait aussi que le département de l’Aude s’était engagé dans l’obtention d’une troisième inscription au patrimoine mondial de l’Unesco avec le projet des « Citadelles du vertige », fédérant autour de la Cité de Carcassonne les châteaux de Lastours, Aguilar, Quéribus, Peyrepertuse, Puilaurens, Termes et Montségur. Le département de l’Aude poursuit donc son attachement au catharisme en associant son territoire aux valeurs fortes du patrimoine.

La parole vint ensuite aux conférenciers. Philippe Martel, avec une fascinante mise en lumière des manipulations politiques dont furent l’objet, le catharisme et la croisade des Albigeois sans omettre l’instrumentalisation du souvenir cathare dans les débats idéologiques des deux derniers siècles. Michel Roquebert, historien et président d’honneur de l’AEC / René Nelli parle depuis quatorze ans de « déconstructionnisme » face aux études des historiens universitaires qui nient l’existence d’une religion cathare organisée au moyen-âge sur les terres des Comtes de Toulouse ; un résumé filmé de son intervention du 12 mars 2019 à Montpellier faisait prendre conscience de l’ampleur des bouleversements à attendre de ces nouvelles méthodes basées sur la négation, méthodes issues du champ de la philosophie (Jacques Derrida) et transposées abusivement à celui de l’Histoire. L’utilisation de ce concept peut entrainer bien au-delà des hérésies médiévales et du catharisme occitan. Charles Peytavie, historien médiéviste et spécialiste du catharisme, a remarquablement fixé le cadre de la controverse actuelle sur l’invention du catharisme avec un recensement minutieux et critique des principaux courants historiographiques. Franc Bardou, écrivain, poète occitan et spécialiste de l’œuvre de René Nelli concluait la matinée en présentant sa vision du catharisme de René Nelli : un christianisme de combat social.

Après le déjeuner aux conversations animées, l’assistance regagnait la fraicheur du château pour y entendre Annie Cazenave, historienne spécialiste de la pensée médiévale et ingénieur émérite au CNRS, parler de l’aveu : repentir, résignation ou calcul. Au travers de la procédure inquisitoriale, Annie Cazenave mettait l’accusé d’hérésie au centre de la réflexion, avec ses propres stratégies, et nous livrait un portrait social et humain, terriblement vivant et transgénérationnel.

Cette journée bien remplie et source de réflexions s’achevait par un spectacle poétique et musical. Les Baladins d’Icarie interprétaient « le chant des brulés », chanson de geste bilingue occitan-français, créée et interprétée par Elrik Fabre-Maigné. L’auteur a porté sa rêverie poétique au pied du château de Montségur où Corba de Péreille et plus de deux cents Parfaits cathares et croyants furent brûlés vifs le 16 mars 1244. Un moment hors du temps, sublimé par deux musiciens de grande valeur, Christophe Deslignes et Eva Fogelgesang, et par Pascale Respaud, récitante en occitan. Un moment fort, teinté d’émotion, devant la cheminée monumentale du château de Bouisse, concluant « parfaitement » cette journée d’exploration de nos racines les plus sensibles, voire chatouilleuses.

 

 

 

 


11e Journée René Nelli au château de Bouisse samedi 29 juin 2019

15 juin 2019

11eme journée René Nelli le samedi 29 juin 2019

au château de Bouisse

Le Catharisme : réalité, invention ou mythe construit

Avec :

Franc Bardou, Annie Cazenave, Philippe Martel, Charles Peytavie et les Baladins d’Icarie

Journée organisée par l’Association d’Études du Catharisme / René Nelli en collaboration avec Philippe Ramon, propriétaire du château de Bouisse, l’Association des Amis du Château de Bouisse, la commune de Bouisse, avec le soutien de la communauté de communes de la Région Lézignanaise, Corbières et Minervois, du conseil départemental de l’Aude et des vignerons des Terroirs du vertige.

Téléchargez ici le programme de la 11e Journée René Nelli et le bulletin d’inscription

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AVIGNONET ou la Chevauchée des Faidits

14 juin 2019

Ce 27 avril 2019, l’AEC organisait à l’auditorium de la chapelle des Jésuites de Carcassonne, une rencontre-conférence avec Lucien ARIES sur le sujet du massacre des inquisiteurs à Avignonet en 1242.

Bien au-delà des faits, le président de l’A.R.B.R.E nous entrainait dans une analyse passionnante, tant du contexte qui les avait déclenchés que des graves conséquences en ayant découlé.

Le regard pétillant et le verbe aisé, Lucien Ariès a offert au public présent une conférence de grande qualité, un voyage dans le temps de quelques 777 ans dont l’AEC le remercie sincèrement.

À l’intention de ceux qui n’ont pu y assister ou souhaitent vérifier leurs notes, un document de résumé :

La chevauchée des faidits

a été rédigé par trois administratrices de l’AEC. Il est accessible ici ou via la rubrique Etudes & articles du site.


Programme 2019

9 avril 2019

L’Association d’Études du Catharisme / René Nelli propose chaque année :

  • des journées découverte
  • une journée René Nelli au château de Bouisse
  • des conférences

Trouvez ici le Programme 2019


Conférence à Carcassonne, samedi 26 mai 2018 : Le castrum de Montréal-de-Sos. 16 années de recherches sur une fortification des Pyrénées Ariégeoises, par Florence Guillot.

5 mai 2018

L’ AEC / René Nelli vous propose d’assister à Carcassonne, Auditorium de la chapelle des Jésuites, rue des Etudes, Samedi 26 mai 2018, à 14 h 30 à la conférence intitulée

Le castrum de Montréal-de-Sos, 16 années de recherches sur une fortification des Pyrénées Ariégeoises.

par Florence Guillot, responsable de la fouille, associée CNRS
Traces-Terrae.

Montréal-de-Sos est un éperon calcaire de la montagne pyrénéenne, tout en rudesse, en pentes, rochers et falaises. Depuis l’Âge du Bronze moyen, les dominations sociétales s’y succédèrent, voire s’y emboîtèrent jusqu’à la fin du Moyen Âge. Ce sommet surplombe un bassin de vie de la haute vallée de l’Ariège, niché au pied de sommets culminants au -delà de 3000 m d’altitude, aujourd’hui crête frontière entre France, Andorre et Catalogne.

Le site est connu dans quelques rares actes médiévaux pour avoir été un castrum des comtes de Foix aux XIIIe et XIVe siècles. Treize années de fouilles archéologiques puis, trois années d’études supplémentaires, ont permis de restituer une image des occupations humaines, tant pour leurs aspects architecturaux que pour leurs artefacts.

En 2006, de fortes concentrations d’ardoises et lauzes de toitures ont été retrouvées sur le site à l’emplacement du donjon et des bâtiments qui l’entourent. Plusieurs de ces éléments de la couverture ont été gravés au milieu du XIVe siècle.

On y voit des tracés figuratifs incluant des personnages (chevalier, berger…), des bâtiments (château), des formes symboliques  et même un fragment de texte en occitan.

La conférence sera suivie d’une séance de dédicace du livre de F. Guillot sur Montréal-de-Sos publié en 2017 par le Centre d’Archéologie Médiévale du Languedoc.

 


Samedi 14 avril 2018. Balade découverte sur les pas des Bons hommes à Lespinassière (Aude).

21 mars 2018

Samedi 14 avril 2018. Sur les pas des Bons hommes aux limites du Cabardès et du Minervois, à Lespinassière.
L’AEC / René Nelli, l’association Patrimoines Vallées des Cabardès et l’association Los tricaires vous proposent une balade découverte, par les chemins et les calades, à Lespinassière, aux limites du Cabardès et du Minervois. En compagnie de Jean-François Hébraud, Jean-Claude Capéra et Charles Peytavie.

Au gré de cette visite, qui nous permettra de découvrir un site naturel tout à fait remarquable, nous verrons en particulier comment dans les deux dernières décennies du XIIe siècle, les Trencavel ont mis la main sur ce castrum dépendant jusque-là, depuis au moins la fin du IXe siècle, de l’abbaye bénédictine Saint-Pierre de Caunes. Le contrôle de la vallée de l’Argent-double, importante voie de passage vers la vallée du Thoré et Saint-Pons de Thomières et de ses richesses naturelles (mines, forêts) attire les convoitises du puissant seigneur de Saissac, le chevalier troubadour Bertrand de Saissac.

Tour-donjon de Lespinassière. Photo JCl Capéra.

Charles Peytavie reviendra sur la vie tumultueuse de ce personnage qui deviendra en 1198 le tuteur du jeune vicomte Raimond-Roger Trencavel et les raisons pour lesquelles il étend à cette époque son pouvoir en Cabardès et en Minervois.
Il évoquera aussi ce que l’on sait de la présence du catharisme dans ces hauts pays du Cabardès tout au long du XIIIe siècle. Il évoquera en particulier la figure du bon homme Isarn Canois ou de Canois, infatigable prédicateur dissident présent dans cette région entre les années 1240 et 1260. Enfin, il reviendra sur le conflit important qui opposa dans les années qui suivent la fin de la Croisade la communauté des bénédictins de Caunes et l’archevêque de Narbonne Pierre Amiel pour le contrôle des dîmes de Lespinassière et comment les moines firent valoir leur droit et purent continuer d’exploiter les revenus de ce territoire devenu par ailleurs le dernier refuge des derniers bons hommes du Carcassès.


Samedi 24 février, 15 h 30, à Carcassonne. Conférence de Robert Vinas :La bataille de Muret (12 septembre 1213) et la fin du rêve occitano-catalan. L’histoire et le mythe.

5 février 2018
[Conférence à Carcassonne]
L’AEC vous invite à la conférence de l’historien médiéviste Robert Vinas, samedi 24 février 2018, 15 h 30, auditorium de la chapelle des Jésuites, rue des Etudes. Entrée libre et gratuite.
La bataille de Muret (12 septembre 1213) et la fin du rêve occitano-catalan. L’histoire et le mythe.
Bataille de Muret chronique de France ms royal 20C VII f20 verso fin XIVe BLibrary londres
 » La bataille de Muret et ses conséquences ont été un événement omniprésent et carrément mythique dans l’histoire nationale de la Catalogne autant que dans l’histoire de l’Occitanie. Au point que les deux personnages principaux, le roi Pierre le Catholique et Simon de Montfort sont souvent présentés encore aujourd’hui de façon caricaturale. Pierre passe pour le prince idéal, fastueux et galant, protecteur des troubadours, dont la perte, au-delà des conséquences morales et politiques, marque la fin d’une civilisation, tandis que Simon de Montfort est le brûleur d’hérétiques et le boucher de la fraternité catalano-occitane.
Cette vision nostalgique d’une histoire rêvée mais qui n’a jamais existé doit être revue aujourd’hui à la lumière des faits. »
1213 Batalla de Muret