Des hérétiques dans les Pyrénées catalanes à la fin du XIe siècle ? Un article d’histoire médiévale de Gauthier Langlois.

10 mai 2013

Glèisa Sant Estèue de Betren – Val d’Aran, Occitania. Franc Bardou.

Notre ami Gauthier Langlois vous propose de lire sur son blog  un article paru dans la revue Heresis, n°46-47 en 2007 consacré à la tradition de la lutte contre l’hérésie dans les Pyrénées catalanes entre la fin du XIe siècle et le début du XIIIe siècle:

Des hérétiques dans les Pyrénées catalanes à la fin du XIsiècle ?

L’historien catalan Tomic qui écrit au XVe siècle, mentionne une expédition menée par le comte de Cerdagne, le comte et l’évêque d’Urgel contre des hérétiques « ariens » de leurs terres à la fin du XIe siècle. L’étude critique du récit conclut à la vraisemblance des faits mais propose deux hypothèses de datation. Soit les faits sont bien datables du XIe siècle. La mention d’ « ariens » est alors à rapprocher de mentions similaires en Aquitaine au début du XIe siècle et en Languedoc au XIIe siècle. Il y aurait alors dans les Pyrénées catalanes une tradition de l’hérésie qui aurait favorisé le développement du catharisme dans cette région au XIIIe siècle. Soit les faits rapportés sont un souvenir confus des conflits survenus entre la fin du XIIe et le milieu du XIIIe siècle entre les vicomtes cathares de Castelbon, d’une part, les comtes et l’évêque d’autre part.

http://paratge.wordpress.com/2013/05/05/heretiquespyrenees/

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Les petits monastères des Corbières au Moyen Age et une possible représentation de Raymond Trencavel au programme des conférences de la SESA à Carcassonne, samedi 16 mars à 14 h 30.

12 mars 2013

Dans le cadre des séances mensuelles de la  Société d’Etudes Scientifiques de l’AudeGauthier Langlois proposera samedi 16 mars 2013 deux communications consacrées à l’histoire médiévale méridionale. Les séances de la SESA se tiennent à l’auditorium de la chapelle des Jésuites, rue de Verdun à Carcassonne. Entrée libre et gratuite.

Saint Victor de Montveyre, à Fontjoncouse, la chapelle vue du sud-est.

Saint Victor de Montveyre, la chapelle vue du sud-est.© Gauthier Langlois.

Les petits monastères des Corbières : un encadrement religieux dense (IXe-XIIIe siècles)

L’étude des petits monastères médiévaux est souvent négligée au profit de l’étude des grands monastères. Les raisons sont multiples, notamment l’absence ou la modestie des vestiges conservés et la disparition des sources écrites. Ces lacunes de la recherche ont conduit à sous-estimer l’encadrement religieux et à proposer, par exemple, d’expliquer le succès de la diffusion du catharisme dans certaines régions par ce faible encadrement religieux. Or il n’en est rien : cellules monastiques, petits et grands monastères constituent un maillage dense, notamment dans les Corbières.

Saint-Martin-des-puits. Église – Vue générale depuis le nord. © Gauthier Langlois.

La plupart de ces monastères sont des fondations carolingiennes. Mais tout comme les entreprises, le monde monastique au Moyen Âge est loin d’être figé : il est animé par des mouvements de création, disparition, fusion, absorption, délocalisation…

C’est l’histoire de quelques-uns de ces monastères que je vais vous conter : la cella de Padern, la prévôté de Sainte-Marie de Peyrepertuse, les abbayes Sainte-Marie d’Orbieu à Montjoi, Sainte-Eugénie à Peyriac-de-Mer, Saint-Martin-des-Puits, Saint-Victor à Fontjoncouse…

Sceau de Raimond-Roger Trencavel, 1247Une représentation du vicomte Raymond Trencavel sur une fresque représentant la conquête de Valence (1238)

Aucune représentation du dernier vicomte de Carcassonne, Albi et Béziers n’était connue, à l’exception de celle figurant sur ses sceaux. Sur une fresque aragonaise de la fin du XIIIe siècle, il est possible de repérer un cavalier en armes dont le blason correspond à celui des vicomtes de Carcassonne. La nouvelle interprétation de cette fresque permet de trancher entre les différentes hypothèses sur les couleurs des armoiries des Trencavel, couleurs jusque là inconnues, et de supposer la participation de  Raimond II Trencavel au siège de Valencia (1238).

Trois notes de numismatique audoise proposées par Michel CAU clôtureront la séance (Médaille offerte à M. Bunau-Varilla par la ville de Carcassonne en 1926. Médaille souvenir de la fête des Cadets de Gascogne 6-19 août 1898. Médaille à l’effigie de Monseigneur de Grignan, évêque de Carcassonne).


Découvrez « Timour, l’Or du gouffre », l’une des plus anciennes BD consacrées au catharisme, une aventure publiée dans Spirou en 1968.

4 décembre 2012

Sur son blog Paratge, l’historien médiéviste Gauthier Langlois vous propose de découvrir  ou  redécouvrir en ce début du mois de décembre l’une des plus anciennes bandes dessinées consacrées au catharisme,  » Timour, L’or du gouffre », une histoire publiée par Sirius dans les numéros 1585 du 29/08/1968 au numéro 1606 du 23/01/1969 du journal Spirou à raison de deux planches par semaine. Au programme de cette aventure, conforme aux idées de son époque, les conséquences de la chute de Montségur et la recherche du fabuleux trésor des cathares prétexte à mettre en scène les exploits du chevalier Timour et son combat pour l’esprit de justice.


La vie quotidienne à Durban et dans les châteaux des Corbières au Moyen Âge. Une conférence de Gauthier Langlois.

4 octobre 2012

Située à une demi-heure de Narbonne ou de Perpignan, la commune de Durban-Corbières possède un riche patrimoine plutôt méconnu. Je vous propose de vous faire connaître l’histoire du château de Durban et la vie quotidienne de ses habitants au Moyen Âge dans une conférence qui se tiendra le 19 octobre 2012 à 18 h 30 au foyer municipal.

Cette conférence est organisée par le Comité de Sauvegarde du Vieux Durban. Elle est accessible à tout public. Les enfants seront les bienvenus et pourrons y participer de manière ludique.

Empreinte en cire du sceau de Vésiade de Durban, vers 1300. Cliché : Comité de sauvegarde du vieux Durban

Durban au Moyen Âge

Le château de Durban.© Charles Peytavie.

Durban est situé dans un espace densément peuplé et christianisé dès l’Antiquité. En témoigne la présence de nombreux lieux de cultes anciens, autrefois associés à des habitats. Au début Moyen Âge c’est le chef-lieu d’une petite baronnie des Corbières, vassale des vicomtes de Narbonne. Le premier seigneur connu, Guilhem Ebrin, prête serment de fidélité pour les châteaux de Durban et Saint-Martin au vicomte de Narbonne vers 1020. Mais ses descendants de ne vont pas toujours respecter cette fidélité. En 1058 ils accueillent l’archevêque de Narbonne en conflit avec son archidiacre et le vicomte. À cette occasion l’église de Durban est érigée en cathédrale et accueille les reliques des saints Just et Pasteur. Dans la première moitié du XIIe siècle, Guilhem de Durban en conflit avec Narbonne devient un fidèle des Trencavel, vicomtes de Carcassonne. Ces derniers le récompensent par l’attribution de plusieurs fiefs. Au début du XIIIe siècle les seigneurs de Durban nouent des alliances avec plusieurs familles hérétiques, dont les Cabaret. Pourtant ils ne sont pas inquiétés pendant la croisade des Albigeois. Et à la fin du XIIIe siècle ils reconstruisent leur château pour lui donner la forme d’un vaste palais urbain. Leurs descendants restent seigneurs de Durban et propriétaires du château jusqu’au XVIIIe siècle.

Plus de renseignements sur le site personnel de Gauthier Langlois : http://paratge.wordpress.com/2012/10/03/la-vie-quotidienne-a-durban-et-dans-les-chateaux-des-corbieres-au-moyen-age/


Prochaine journée découverte de l’AEC, samedi 27 octobre 2012 à Palairac, au coeur des Corbières.

3 octobre 2012

Le village de Palairac vu depuis le castrum médiéval.

Les cathares, la croisade albigeoise et l’argent de la guerre.

Samedi 27 octobre 2012, l’AEC/ René Nelli organise sa prochaine journée découverte à Palairac, au coeur des Corbières. Nous l’avons baptisée : Les cathares, la croisade albigeoise et l’argent de la guerre. Cette journée, conçue par notre ami Gauthier Langlois, est proposée en collaboration avec la commune de Palairac et l’association Mines en Corbières.

A cette occasion, nous vous proposons une visite exceptionnelle du castrum de Palairac et de deux mines, parmi les plus importantes des Corbières, la mine de la Canal et la mine de la Caune des Causses.

Palairac est au cœur du district minier des Hautes-Corbières exploité de l’Antiquité au milieu du XXe siècle. Au Moyen Âge le village est le centre de la seigneurie minière du Termenès. Ses mines de fer alimentent des forges pour la production d’outils et d’armes.

Décoration armoriée provenant du castrum de Palairac. XIIIe siècle.

Ses mines d’argent alimentent les ateliers monétaires de la région. Ils constituent l’une des bases de la puissance des seigneurs deTermes, vassaux des Trencavel qui réinvestissent les revenus miniers dans la construction de castra comme celui de Palairac. En conflit pour la possession de ces mines avec l’abbaye de Lagrasse et l’archevêque de Narbonne, les seigneurs de Termes rejettent l’autorité de l’Église catholique et adhèrent à l’hérésie cathare. Les croisés qui leur succèdent, Alain de Roucy et Simon de Montfort, reprennent à leur profit ce conflit. Nous visiterons quatre sites contemporains de ces évènements : l’église romane Saint-Saturnin et son riche décor baroque, le castrum ruiné qui domine le village actuel, la mine de fer de la Caune des Causses et la galerie de la Canal qui conduisait à la plus riche mine d’argent des Corbières.

Voici le programme détaillé de cette journée:

9 h 30 : Accueil à l’Église Saint-Saturnin de Palairac par Philippe Ramon, président de l’AEC / René Nelli, et Michel Rzepecki, maire de Palairac, président de la l’association Mines en Corbières
Café, croissants offerts.

10 h : Visite conférence de l’église de Palairac par Michel Rzepecki et visite du village et du castrum de Palairac par Gauthier Langlois, historien médiéviste.

Entrée de la mine de la Canal.

11 h 30 : à l’Église, conférence de Charles Peytavie, historien médiéviste : Les cathares et l’argent. Quel était le rapport des Bons hommes à l’argent ? Quel argent ? Celui obtenu par le travail de leurs mains ou celui reçu en aumônes des fidèles? A quoi était destiné le “trésor” de leurs Eglises en temps de paix puis en temps de guerre et de clandestinité.
Autant de questions abordées lors de cette conférence inédite proposée à l’occasion de cette journée en Corbières.

12 h 30 : repas au foyer municipal.

La mine de la Caune des Causses.

14 h / 14 h 30 : départ vers les sites miniers de la Canal et de la Caune des Causses.

16 h / 17 h : Fin de la journée.

Important : les mines sont accessibles à tout public et ne présentent pas de difficultés physiques. Il faut cependant prévoir des bottes et des vêtements peu salissants pour la visite de la mine de la Canal. Casques et lampes seront fournis par les organisateurs mais vous pouvez aussi apporter les vôtres. Pour la visite du village et la mine de la Caune des Causses, il est recommandé de prévoir de bonnes chaussures type “randonnée”. L’accès à la mine de la Caune des Causses se fera par un chemin de 2,7 km soit avec la camionnette d’un des organisateurs, soit avec votre propre véhicule.

Retrouvez en cliquant ici le programme complet de la journée découverte de l’AEC à Palairac le samedi 27 octobre 2012.


Toujours en kiosque ce mois-ci, un numéro de la revue Archéothéma sur les châteaux en Pays cathare.

13 août 2012

La revue d’Histoire et d’Archéologie grand public Archéothéma propose cet été un numéro consacré aux cathares et aux châteaux du Pays cathares piloté par les historiens médiévistes Gauthier Langlois et Charles Peytavie. Ce numéro est disponible en kiosque ou sur commande sur le site de l’éditeur. N’hésitez pas à le demander auprès de votre buraliste ou libraire si vous ne le trouvez pas en présentation dans les rayons.

L’éditorial et la présentation du magazine est à lire sur le site d’Archéothéma: http://www.archeothema.com/numero/les-chateaux-en-pays-cathare.htm.

Au sommaire de ce dossier, auquel l’AEC / René Nelli est étroitement associée (merci au passage à l’éditeur d’avoir publié une présentation substantielle de notre association), présente une série d’articles proposant de renouveler le regard porté sur les châteaux du Pays cathare à travers les recherches historiques et archéologiques les plus récentes:

Gauthier Langlois. L’affirmation de la seigneurie castrale dans le Midi au temps du catharisme.

Marie-Elise Gardel. Le site rupestre du Baux de Moussoulens.

Charles Peytavie. La société du Paratge.

Charles Peytavie. Cathares ou Albigeois. Vie et mort des Eglises dissidentes du Midi de la France.

Guilhem Baro et Hannes Ceulemans. Termes, de la résidence seigneuriale à la forteresse royale (Xe-XIVe siècle).

Gauthier Langlois. Le Pays cathares. Les mines et les castra.

Thomas Charpentier. Fenouillet. Un centre de pouvoir vicomtal antérieur au XIIIe siècle.

Charles Peytavie. La guerre de siège au cours de la Croisade albigeoise.

Gauthier Langlois. Termes, un siège exemplaire.

Gauthier Langlois. « La rébellion contre le roi » Le siège de la Cité de Carcassonne (1240).

Charles Peytavie. Retrouver Montségur. L’invention archéologique d’un haut lieu.

Charles Peytavie. Les forteresses du Lys et de la foi. Le grand oeuvre de saint Louis.

Dominique Baudreu. Les villages neufs de l’après Croisade albigeoise.

Gauthier Langlois. Qui sont les véritables constructeurs des forteresses royales ?

Gauthier Langlois. Du vicomte au sénéchal. Le château de Carcassonne avant et après la Croisade albigeoise.

Léna Hessing. Les archevêques de Narbonne, bâtisseurs et mécènes d’avant-garde.

A noter que plusieurs photographies de ce dossier sont l’oeuvre de notre ami photographe Patrick Courault et que vous pourrez découvrir pour la première fois les images du château de Montségur en 3D, tel qu’il était au XVIIe siècle, dues à Tristant Bergerot (http://www.espritcathare.org/) et à l’équipe du Musée de Montségur.


Les cathares en kiosque cette semaine dans le magazine L’Express.

13 août 2012

Le magazine L’express de cette semaine (n° 3188, semaine du 8 au 14 août, p. 72-83) propose un excellent dossier sur les cathares et les châteaux du Pays cathare.

A lire sous la plume très agréable de la journaliste Julie Chaizemartin un bel article sur le châteaux du Pays cathare et des éclairages particuliers sur les sites de Carcassonne, Lastours, Arque, Serres, Roquefort, Puivert ou Montségur.

On retrouve dans ce dossier les interventions de nombreux spécialistes ou propriétaires de sites : Michel Roquebert, Anne Brenon, Gauthier Langlois et Charles Peytavie ; Fabrice Chambon, guide de Montségur ; Jean-Louis Gasc, guide au château comtal de Carcassonne ; Arnaud Mignard, propriétaire du château de Puivert ; Michèle Deschamps, propriétaire du château de Serres ; Pierre Clément, propriétaire du château de Roquefort.


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