Renat Nelli e Montsegur / René Nelli et Montségur. Une conférence en occitan de Franc Bardou.

21 février 2012

Le vendredi 09 mars 2012, à 18 h 30, l’Institut d’Etudes Occitanes de l’Ariège a le plaisir de vous inviter à Pamiers (09) à la conférence de notre ami Franc Bardou Renat Nelli e Montsegur, organisée dans le cadre  des Divendres de l’Espaci occitan(Les Vendredis de l’Espace occitan).

Cette soirée aural lieu à l’Espaci occitan – 11 carrièra Enric Fabre (11 rue Henri Fabre). Elle  sera suivie d’un moment d’échange autour d’une collation offerte par l’association.

Participation libre.

Renseignements : Institut d’Estudis Occitans 05 61 69 60 96 – ieo09@ieo-oc.org


Chroniques nelliennes 3. Lorsque le génie poétique de René Nelli enjambait les Monts d’Olmes, par Franc Bardou.

9 janvier 2012

Lorsque le génie poétique de René NELLI enjambait les Monts d’Olmes.

René Nelli et jacques Charpentier dans les ruines du château de Montaillou (1971). © Jacques Charpentier.

Dernier tenant du nom d’une famille de lointaine origine florentine, René NELLI est né à Carcassonne en 1906. C’est de la même cité audoise qu’il quittera ce monde en 1982. Entre ces deux dates, les études l’auront quelque peu rapproché de Paris, pour une courte année, puis de Toulouse où, sur le tard, il sera chargé d’enseigner, une demi journée par semaine, à l’université de Lettres. Le reste du temps, il était professeur de philosophie dans un lycée de Carcassonne. Toute sa vie intellectuelle s’établira donc dans sa cité natale. Mais pourquoi, demanderez-vous, associer dans ce cas son nom à la belle et secrète terre d’Ariège, et plus exactement aux Monts d’Olmes ? Il faut, pour répondre à cela, considérer plusieurs aspects de son œuvre.

Il se trouve que NELLI fut un éminent chercheur en Littérature Occitane, et qu’il œuvra durant de longues années à la découverte de la voie d’amour pur qu’avaient établie et mise en rimes sublimes les justement illustres troubadours des XIIe et XIIIe siècles, une « voie d’amour pur » qu’ils n’avaient pour autant jamais eux mêmes théorisée ni commentée. Ne se limitant pas à domaine-là d’études et de réflexions, NELLI se fit donc érotologue, étudiant l’évolution de l’idée d’amour depuis les troubadours occitans jusque à ses amis et compagnons d’œuvre, les Surréalistes. Certes, il étudia également les arts et traditions populaires, communément nommées « folklore », et dirigea la savante revue du même nom pendant un demi-siècle.

René NELLI, avec Jean DUVERNOY, Michel ROQUEBERT et Anne BRENON, fut l’un des quatre fondateurs des études cathares, modernes et rigoureuses, permettant de débarrasser ce phénomène spirituel médiéval, alors mal connu, de tout un amoncellement de légendes et d’absurdités se voulant ésotériques. NELLI œuvra à la fondation du Centre d’Etudes Cathares dans l’Aude.

Médiéviste des Lettres occitanes et des courants spirituels dissidents, érotologue, ethnologue, archéologue même, à ses heures, philosophe, penseur et acteur de la renaissance littéraire occitane du XXe siècle, bien sûr, NELLI fut tout cela à la fois, et il le fut brillamment. Ses principales productions savantes sont L’érotique des Troubadours, suivi de Le roman de Flamenca, un art d’aimer occitanien au XIIIe siècle, pour ce qui est de l’histoire  littéraire d’oc ; Ecritures cathares, ainsi que La philosophie du catharisme, comptent parmi les références historiographiques les plus importantes sur ce sujet, même si NELLI est surtout connu pour son petit traité La vie quotidienne des cathares du Languedoc au XIIIe siècle.

Montségur. Dessin original de Max Savy. Livre d'or du château de Bouisse. © Philippe Ramon.

Mais nous passerions complètement à côté de lui sans voir l’essentiel si nous ne nous rendions pas compte de ce qu’il fut par dessus tout : poète, et ce, dans deux langues à la fois, l’occitan et le français. NELLI, aux côtés de Max ROUQUETA, Marcèla DELPASTRE, Miquèu de CAMELAT, Bernat MANCIET, Sully A. PEIRE, marqua durablement l’histoire littéraire des pays d’Oc au XXe siècle. Or c’est en référence aux deux sites «évoqués plus haut, sites liés au drame cathare ariégeois que NELLI établit les plus formidables de ses œuvres poétiques. Ces deux œuvres, que nous évoquons ici, se dressent au cœur palpitant de ce grand courant d’excellence littéraire qui réorienta vers les hauteurs de la modernité universelle la langue encore vivante des troubadours médiévaux et des courageux félibres.

Or il se trouve que deux hauts lieux de la mémoire collective occitane rattachent l’œuvre poétique occitane de NELLI aux Monts d’Olmes.

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Le catharisme dans une société urbaine languedocienne en mutation : le cas de Limoux au XIIIe et XIVe siècles.

11 novembre 2011

La Société d’Etudes Scientifiques de l’Aude vous invite  le samedi 19 novembre à 15 h 30, dans la ville basse de Carcassonne, à l’auditorium de la chapelle des Jésuites, rue des Etudes, à la conférence de Charles Peytavie, historien médiéviste, président de la Société d’Etudes Scientifiques de l’Aude, intitulée

Le catharisme dans une société urbaine languedocienne en mutation: le cas de Limoux au XIIIe et XIVe siècles.

Entrée gratuite.

L'église Saint-Martin de Limoux. © Franc Bardou.

Au début du XIIIesiècle, dans le contexte de la répression contre les hérésies dans le Midi de la France, la ville de Limoux est considérée comme un foyer majeur de la dissidence religieuse. Déclarée « faydite et rebelle » dès les débuts de la Croisade albigeoise en 1209, sa population est excommuniée en 1227 pour avoir accordé son aide et l’asile aux hérétiques. Son engagement contre les armées royales de Louis VIII et Louis IX est tel que le conflit étendu à tout le Razès et à la Haute vallée de l’Aude prendra, chez ceux qui en furent les témoins, le nom de « Guerre de Limoux ». En conséquence, dès 1242, Limoux est l’une des villes du Midi les plus frappées par l’Inquisition. Ce tribunal s’attaque à toutes les couches sociales de la cité convaincues de proximité avec l’hérésie des Bons hommes : la petite noblesse locale (les Marceille, les Taich, etc.) dont les membres continuent d’apporter avec régularité  et opiniâtreté leur aide aux  hérétiques et aux défenseurs de Montségur et les notables ou artisans de la ville déclarés accusés d’avoir assisté à des réunions hérétiques ou de leur avoir apporté assistance et soutien matériel. En quelques années, pénitences, condamnations et sanctions s’abattent sur la ville sans que pour autant ne s’éteigne définitivement ce vivier de la foi cathare.

Limoux. Le clocher de l'ancien couvent des franciscains (XIVe siècle). © Franc Bardou.

Au début du XIVe siècle, les Bons hommes Pierre et Jacques Authié peuvent encore bénéficier d’un solide réseau de croyants dans cette cité qui cultive toujours un fort esprit d’indépendance face aux pouvoirs dominants. Mais dans une société urbaine languedocienne en pleine mutation et une ville devenue le terrain de prédication de nombreuses institutions religieuses catholiques, le catharisme s’est désormais profondément marginalisé. Les raisons de cet effacement progressif sont complexes mais l’étude d’un cas comme celui de la ville de Limoux permet d’avancer quelques hypothèses.


Benaix (Ariège). Une conférence sur un lignage fortement impliqué dans le catharisme occitan, les Massabrac.

1 novembre 2011

Le Pays d’art et d’histoire des Pyrénées Cathares vous invite à découvrir l’histoire d’une famille du XIIIe siècle fortement impliquée dans le  catharisme occitan, les Massabrac, seigneurs d’un petit castrum, aujourd’hui disparu, situé sur la commune de Benaix, étape des Bons hommes entre Lavelanet et Montségur.

Montségur. © Franc Bardou.

Raymond et Othon de Massabrac, neveux de Raymond de Péreille, seront impliqués  dans le massacre des inquisiteurs à Avignonet en 1242 et défendront le château de Montségur durant le siège de 1243-1244. Leur mère, Alazais de Massabrac, soeur de Raymond de Péreille, et leur soeur Faye de Plaigne, toutes deux croyantes cathares, seront interrogées par les inquisiteurs Ferrier et Pierre Durand au surlendemain du bûcher. Leur frère Alzieu de Massabrac, « croyant depuis l’âge de raison » sera interrogé le 2 mai 1244. Leurs témoignages permettent aujourd’hui de mesurer l’implication très forte de ce lignage, associé à celui des Péreille, dans le catharisme occitan de la première moitié du XIIIe siècle.

Cette conférence sera présentée le samedi 5 novembre à 16heures à l’ancienne école de Benaix par Fabrice Chambon, guide conférencier à Montségur, et Richard Pigelet, médiateur au musée de Montségur.


Fenouillet. Un village fortifié, lieu de refuge du catharisme.

20 octobre 2011

Le château Saint-Pierre de Fenouillet. © Franc Bardou.

La Maison de l’Archéologie de Bram propose le samedi 22 octobre 2011, à 16 heures, salle de l’Archéologie, 2 avenue du Razès, à Bram,  une conférence de David Maso, archéologue, directeur des fouilles sur le site de Fenouillet :

Le château de Fenouillet. Sept ans d’études et de travaux. 

Situé au nord-ouest des Pyrénées-Orientales, à la frontière du département de l’Aude, le château de Fenouillet est l’objet depuis 1994 d’un important programme d’étude et de mise en valeur. Les fouilles ont mis en évidence un site au fort potentiel dont l’origine remonte au début de la période carolingienne. Le château, siège vicomtal, se structure et se développe jusqu’à son démantèlement au début du XIVe siècle. A la différence de Peyreprtuse ou de Quéribus, Fenouillet n’a pas été rebâti par le pouvoir royal capétien lors de la fortification de la frontière issue du traité de Corbeil (1258). Son étude archéologique a donc permis de mettre en évidence une stratigraphie exceptionnellement conservée, s’étageant sur plus de six siècles témoignant de la naissance, de l’évolution et de la fin d’un centre de pouvoir seigneurial.

Un lieu de refuge pour les cathares traqués par l’Inquisition.

A partir des années 1240, Fenouillet est un lieu de refuge pour les membres du clergé cathare du Razès. Le sergent Imbert de Salles déclarera devant l’inquisiteur Ferrier après la chute du pog de Montségur :  » j’ai vu à Fenouillet, dans la maison de Bernard du Vivier, les parfaites Marquèse et Prima; il y avait là Caranac, un cordonnier boiteux dont j’ignore le nom, et Raymond Marti, de Fenouillet » . Bernard du Vivier et son frère Arnaud sont signalés à plusieurs reprises à Montségur. Il semble donc qu’à l’instar des châteaux contrôlés par les Niort en Pays de Sault, Fenouillet soit en liaison constante avec le pog jusqu’à sa chute en mars 1244. Vers 1245, une dénommée Saurine Rigaud fait donner le consolament à son fils mourant par les diacres Arnaud Desglat et son socius Arnaud d’Auvezines.

Fenouillet. © Franc Bardou.

Pierre de Fenouillet, faydit et condamné post mortem pour hérésie

Maître du château de Fenouillet  et du Fenouillèdes en 1209, le vicomte Peire ou Pierre de Fenouillet se montre hostile aux croisés qui ne tentent pourtant pas pendant vingt ans de le déloger. Mais le 1er juin 1229, Pierre abandonne à Nunó Sanç, seigneur des comtés de Roussillon et de Cerdagne, le château de Fenouillet et l’intégralité de sa vicomté. Nunó Sanç a alors prêté serment au roi de France Louis VIII. Il se montrera toutefois incapable d’imposer son autorité sur le Fenouillèdes qui continue à accueillir bon nombre de chevaliers rebelles au roi de France et favorables aux Bons hommes au moins jusqu’en 1242, année de la mort de Nunó Sanç. Profitant de l’affaiblissement du pouvoir du comte de Cerdagne, Pierre de Fenouillet a alors repris le contrôle de Fenouillet et de sa vicomté qu’il reconnaît cette année-là tenir  du vicomte de Narbonne Amalric Ier. Pierre finira ses jours sous l’habit de templier à l’abri des murs de la commanderie du Mas Deu vers la fin de l’année 1243, confiant sa vicomté au chevalier faydit Chabert de Barbaira. Or, Si l’on en croit les témoignages recueillis quelques années plus tard en 1261-1262 par l’inquisiteur Pons du Pouget, avant de mourir, Pierre de Fenouillet aurait reçu au sein de la commanderie la visite de deux Bons hommes venus lui administrer le consalement. Se fondant sur plusieurs témoignages, l’inquisiteur de Carcassonne prononce alors contre lui  une sentence posthume d’excommunication. Pierre de Fenouillet est condamné comme hérétique. Ses os sont exhumés et brûlés. En 1258, son ancien château de Fenouillet intègre définitivement le domaine royal capétien.


La chute de Montségur sur France 3 dans l’émission des Racines et des Ailes.

19 octobre 2011

Montségur. © Franc Bardou

C’est ce soir à 20 h 35 sur France 3 que l’émission Des Racines et des Ailes, présentée par Louis Laforge, propose un numéro consacré aux richesses patrimoniales d’Albi et à la chute de Montségur. Le deuxième reportage de l’émission  retrace l’incroyable résistance de ce village fortifié ayant abrité les communautés cathares jusqu’à sa chute en mars 1244 après des longs mois de siège. Accompagnés par le conteur et écrivain ariégeois Olivier de Robert et par Fabrice Chambon, animateur du site de Montségur et responsable de son musée, les journalistes de l’émission nous entraînent sur le pog à la découverte des vestiges découverts par les archéologues et des reconstitutions inédites en 3D réalisées pour l’émission permettent de visualiser pour la première fois à quoi a pu ressembler le site pendant le siège et juste après la construction de la forteresse actuelle. Avant la diffusion de ce reportage, Louis Laforge s’entretiendra avec l’historien Charles Peytavie sur la place du catharisme dans le Midi de la France au début du XIIIe siècle et sur les évènements qui ont conduit à sa répression au cours de la Croisade albigeoise.

Pour ceux qui ne seraient pas devant leur écran ce soir, l’émission sera rediffusée deux fois au cours du mois d’octobre:

03:15 – Vendredi 21/10

02:45 – Mardi 25/10


Montségur, comme vous ne l’avez jamais vu ! Un rendez-vous télévisuel à ne pas manquer.

5 octobre 2011

Tournage de l'émission de France 3 "Des racines et des ailes" à Albi, le 29 septembre 2011. Interview de Marie-Eve Cortès, responsable du service patrimoine de la ville d'Albi. © Charles Peytavie.

Un numéro de l’émission  « Des racines et des ailes » consacré à Albi et Montségur.

Mercredi 19 octobre 2011, France 3 diffusera à 20 h 35 un nouveau numéro de l’émission « Des racines et des ailes » consacrée au riche patrimoine de la cité épiscopale d’Albi et aux cathares. Présentée par Louis Laforge, l’émission dévoilera notamment un reportage tout à fait exceptionnel consacré au grand siège et à la chute de Montségur en mars 1244. Pour la première fois, le village médiéval du début du XIIIe siècle occupé par les cathares et le château de Raymond de Péreille ont été reconstitués en images de synthèse spécialement conçues pour l’émission à partir des données archéologiques. La caméra entre au cœur des défenses du pog  et nous amène au milieu des maisons suspendues au-dessus du vide.

Le castrum de Montségur de 1243-1244 reconstitué  pour la première fois dans son intégralité en images de synthèse.

Accompagnés par le conteur ariégeois Olivier de Robert et par Fabrice Chambon, animateur du site de Montségur et responsable de son musée, les journalistes de l’émission nous font revivre les derniers jours de la communauté cathare du pog jusqu’au moment de leur reddition et du bûcher.

Le reportage nous montre aussi, toujours en images de synthèse, la nouvelle forteresse construite sur le pog après 1244. Ces reconstitutions, mélangées aux superbes images aériennes du pog tournées par l’équipe de l’émission, nous font saisir comme jamais le quotidien des hommes et des femmes qui ont vécu sur le pog pendant plusieurs décennies au début du XIIIesiècle et la tragique grandeur de leur sacrifice.

Louis Laforge et Charles Peytavie sur le tournage de l'émission "Des Racines et des Ailes" à Albi.© Pierre-Jean Arnaud.

Avant la diffusion de ce reportage, Louis Laforge évoquera le catharisme et la Croisade contre les Albigeois en dialoguant avec l’historien médiéviste Charles Peytavie, spécialiste des cathares, que les membres de notre association connaissent bien.