11e Journée René Nelli : Bouisse 2019

Ce 29 juin, le château de Bouisse accueillait pour la onzième fois la journée René Nelli organisée par l’AEC. Cette Association d’études du Catharisme, transfuge du Centre d’études du Catharisme créé en son temps par le philosophe René Nelli lui-même, alors propriétaire du château de Bouisse posait cette année une question sulfureuse : Le catharisme, réalité, invention ou mythe construit.

À l’invitation de Philippe Ramon, actuel chatelain de Bouisse et président de l’AEC René Nelli, la soixantaine de participants fut accueillie dès le matin par Francis Baron, maire de Bouisse très attaché à l’identité occitane et Hervé Baro, premier vice-président du conseil départemental de l’Aude. Ce dernier eut à cœur de mentionner dans son discours d’introduction à la journée que l’emblème « Aude, pays cathare » n’entendait prêter le flanc à aucune polémique, était sciemment maintenu en vigueur et envisageait de rejoindre les valeurs fortes du patrimoine au sein de l’Unesco.

La parole vint ensuite aux conférenciers. Philippe Martel, avec une fascinante mise en lumière des manipulations politiques dont furent l’objet, dès le début, le catharisme et la croisade des Albigeois sans omettre l’instrumentalisation du souvenir cathare dans les débats idéologiques des deux derniers siècles. Michel Roquebert, historien et président d’honneur de l’AEC René Nelli parle depuis quatorze ans de « déconstructionnisme » face aux études cathares ; un résumé filmé de son intervention du 12 mars 2019 à Montpellier faisait prendre conscience de l’ampleur des bouleversements à attendre des nouvelles méthodes et propositions de travail basées sur la négation, débat qui peut entrainer bien au-delà des hérésies médiévales et du catharisme occitan. Charles Peytavie, historien médiéviste et spécialiste du catharisme, a remarquablement fixé le cadre de la controverse actuelle avec un recensement minutieux et critique des principaux courants historiographiques. Franc Bardou, écrivain, poète occitan et spécialiste de l’œuvre de René Nelli concluait la matinée en présentant sa vision du catharisme de René Nelli : un christianisme de combat social.

Après le déjeuner aux conversations animées, l’assistance regagnait la fraicheur du château pour y entendre Annie Cazenave, historienne spécialiste de la pensée médiévale et ingénieur émérite au CNRS, parler de l’aveu : repentir, résignation pu calcul. Au travers de la procédure inquisitoriale, Annie Cazenave nous livre un portrait social et humain terriblement vivant et transgénérationnel.

Cette journée bien remplie et source de réflexions s’achevait par un spectacle poétique et musical. Les Baladins d’Icarie interprétaient « le chant des brulés », chanson de geste d’Elrik Fabre-Maigné portant sa rêverie poétique au pied du château de Montségur où plus de deux cents Parfaits cathares et croyants furent brûlés vifs le 16 mars 1244. Un moment hors du temps, teinté d’émotion devant l’une des deux cheminées monumentales de Bouisse…un moment fort, concluant « parfaitement » cette journée d’exploration de nos racines les plus chatouilleuses.

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