Une découverte archéologique présentée pour la première fois au public : les vestiges du « Mur » ou prison de l’Inquisition de Carcassonne révélés par l’archéologie.

30 janvier 2014
Vestiges de l'enceinte de la prison de l'inquisition de Carcassonne. Photo Dominique Baudreu.

Vestiges de l’enceinte de la prison de l’inquisition de Carcassonne. Photo Dominique Baudreu.

Une découverte archéologique exceptionnelle présentée pour la première fois au public :
les vestiges du « Mur » ou prison de l’Inquisition de Carcassonne révélés par l’archéologie.

Une conférence de Dominique Baudreu et Fabienne Calvayrac, proposée par la Société d’Etudes Scientifiques de l’Aude à Carcassonne le samedi 15 février à 14 h 30, Auditorium de la chapelle des Jésuites, rue des Etudes. Entrée libre.

Présentation de la conférence:

La redécouverte du « Mur » ou prison de l’Inquisition à Carcassonne.
Les apports inédits de l’archéologie.
Dominique Baudreu (CAML), Fabienne Calvayrac (CAML)

Bien qu’évoquée par de nombreux auteurs, la prison inquisitoriale de Carcassonne, appelée aussi le « Mur » dès la seconde moitié du XIIIe siècle, est longtemps restée à l’écart de toute recherche spécifique.

Lieu d’incarcération de nombreux hérétiques (parmi lesquels le dernier Bon Homme connu, Bélibaste, qui s’en est évadé) ou de leurs partisans, le Mur de Carcassonne, institution à la fois crainte et dénoncée par les habitants du Midi, demeura longtemps le symbole de l’action répressive menée par les inquisiteurs à l’encontre de ceux qui remettaient en cause l’autorité de la papauté romaine. Grande figure de cette contestation au début du XIVe siècle, le franciscain Bernard Délicieux y fut enfermé après son procès, en décembre 1319, et y mourut quelques mois plus tard, vers la Pâques de l’année suivante. Abandonnée à une période encore incertaine entre le XVe et le XVIe siècle, le souvenir de la prison inquisitoriale s’estompa sans pour autant disparaître totalement.

Malgré une localisation suggérée dès le XVIIIe siècle dans les abords sud-ouest de la Cité, Viollet-le-Duc en personne n’a pas su interpréter les vestiges, pourtant bien visibles, de l’ancienne prison. A la fin du XIXe siècle, à la faveur de la redécouverte des événements de la Croisade albigeoise, le lieu devient porteur d’une charge symbolique particulière. Dans le célèbre tableau de Jean-Paul Laurens, La délivrance des emmurés de Carcassonne (1879), Bernard Délicieux, chef de file de la révolte contre l’Inquisition, est mis en scène devant la porte principale de la prison.

La délivrance des emmurés de Carcassonne. Jean-Paul Laurens, 1879.

La délivrance des emmurés de Carcassonne. Jean-Paul Laurens, 1879.

Identifiée au début du XXe siècle, l’emprise du Mur n’a pas pour autant réellement attiré la curiosité des chercheurs. Mais depuis 2009, des reconnaissances de terrain confrontées aux données historiques, nous permettent de mieux cerner les limites de la prison et d’en caractériser les vestiges. En 2012, Dominique Baudreu et Fabienne Calvayrac, adhérents tous les deux au Centre d’Archéologie Médiévale du Languedoc (CAML), ont réalisé un sondage archéologique afin de dégager jusqu’au seuil ce qui fut probablement la porte principale du Mur. 

Les premiers résultats de cette étude globale sur l’ancienne prison des inquisiteurs et les photos de la porte seront présentés publiquement, de manière inédite, le samedi 15 février à Carcassonne, à 14 h 30, à l’auditorium de la chapelle des Jésuites, rue des Etudes, au cours de la séance mensuelle de la Société d’Etudes Scientifiques de l’Aude.

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Samedi 17 décembre 2011, à Carcassonne. La SESA propose une conférence inédite sur le château de Bouisse.

12 décembre 2011

Samedi 17 décembre 2011, à 15 H 30, la Société d’Etudes Scientifique de l’Aude vous invite à découvrir le décor d’apparat du château de Bouisse.

Le château de Bouisse.© Ch. Peytavie.

Il y a un peu plus de soixante ans, le 28 avril 1951, René Nelli achetait le château de Bouisse et entreprenait aussitôt de restaurer cet ancien château féodal largement remanié au XVIIe siècle sous l’impulsion des propriétaires Gérard de Saint-Jean de Moussoulens et Catherine de Goût. L’édifice, aujourd’hui propriété de Philippe Ramon, abrite deux superbes cheminées monumentales élevées aux alentours de 1659-1660. Ces deux éléments d’apparat au décor peint de qualité et de conservation diverses sont des témoins d’une ambition artistique et honorifique qui mérite d’être valorisée et mieux connue du grand public.

La cheminée monumentale du 2e étage du château de Bouisse. © Charles Peytavie.

Spécialistes de l’architecture et des décors des monuments de la Renaissance toulousaine, Sarah Munoz et Colin Debuiche, doctorant en Histoire de l’Art moderne à l’université de Toulouse-Le Mirail et membre de l’équipe 11 du laboratoire CNRS FRA.M.ESPA, se sont intéressés à ces deux cheminées exceptionnelles. Leur étude inédite permet de mieux comprendre la diffusion et la persistance des modèles artistiques dans le Midi de la France, entre la fin du XVIe siècle et le milieu du siècle suivant, ainsi que les procédés de revendication et d’affichage sociaux de ceux qui en passent commande à cette époque.

Colin Debuiche devant la grande cheminée monumentale du 2e étage du château de Bouisse, juin 2009. © Ch. Peytavie.

Cette conférence est ouverte à tous et gratuite ; elle se tiendra à l’Auditorium de la Chapelle des Jésuites, rue des Etudes, dans la ville basse de Carcassonne. Elle sera précédée à 14 h 30 d’une  conférence de Michel Cau : Les progrès techniques dans l’agriculture audoise au XIXe siècle.

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