La bataille de Muret dans l’art contemporain. Une exposition à la médiathèque François Mitterrand de Muret jusqu’au 15 juin 2013.

14 avril 2013

muret expo-1En cette année de huit-centième anniversaire de la bataille de Muret, la ville de Muret, la médiathèque François Mitterrand de la ville et le Musée Clément Ader de Muret organise depuis le 12 avril jusqu’au 15 juin 2013, une exposition originale consacrée à la bataille de Muret dans l’art contemporain.

Le travail de Jacques Fauché réalisé en 1960 sur la Croisade albigeoise mis à l’honneur

La grande salle du 1er étage de la médiathèque de Muret accueille des œuvres ayant pour point commun de célébrer la mémoire de la célèbre bataille. Ce voyage dans la mémoire commence avec des œuvres des années 1960 avec la très peu figurative « bataille de Muret » de Charles-Pierre Bru,  ami de René Nelli dont nous avons évoqué tout récemment le souvenir lors de notre sortie à Fontiers-Cabardès. On peut également y découvrir les compositions sur la Croisade albigeoise et la bataille de Muret du peintre Jacques Fauché. Cette série d’huiles sur contreplaqué  avait été réalisée en 1960 pour le compte de l’ancien maire communiste de Noé,  Jean-Baptiste Doumeng et très peu montrée au public depuis cette époque. Pour l’anecdote, rappelons que Jacques Fauché s’était documenté pour l’occasion auprès d’André Lagarde et à travers les ouvrages de Zoé Oldenbourg. Il devait aussi une grande partie de ses connaissances sur les troubadours grâce à René Nelli et Robert Aribaud, alors critique d’art à la Dépêche du Midi. René Soula a raconté très précisément  l’histoire de cette commande artistique à partir des témoignages des protagonistes dans son livre Les Cathares. Entre Légende et Histoire. La mémoire de l’albigéisme du XIXe siècle à nos jours (IEO, 2004, p.169-187). Il a, à cette occasion, très bien montré comment cette oeuvre s’inscrivait dans la vision encore très « résistantialiste » de l’histoire des cathares propre aux auteurs et artistes en ce début des années 1960.

L’exposition de Muret accueille en tout une quarantaine d’œuvres parmi lesquelles signalons une lithographie de Raymond Moretti et les toiles « hyper réalistes » de l’artiste ruthénois  Hervé Olivier consacrées à la Croisade albigeoise qui avait été présentées au cours de l’été 2011 à la chapelle du musée de Lavaur avec des textes introductifs de Michel Roquebert. Un catalogue est disponible à l’issue de l’exposition.

Entrée gratuite aux heures d’ouverture de la médiathèque, au centre ville de Muret, 58, rue Clément Ader, près de l’église Saint-Jacques:

Mardi : 13h/18h30
Mercredi : 10h/12h30 et 14h/18h30
Jeudi : 13h/18h30
Vendredi : 13h/18h30
Samedi : 10h/12h30 et 14h/17h

Fermeture exceptionnelle le mardi 30 avril.

Renseignements au 05.61.51.91.30 / mediatheque@mairie-muret.fr


Prochaine rando découverte sur les traces des cathares et René Nelli à Fontiers-Cabardès, samedi 13 avril 2013, à partir de 13 h 30.

24 mars 2013

Fontiers. Tour dite de l’horloge, XVIe siècle.© J.-Cl. Capéra.

Une nouvelle rando-découverte organisée par l’Association Patrimoines, vallées des Cabardès et l’Association d’Etudes du Catharisme / René Nelli, samedi 13 avril 2013.

Rendez-vous, 13 h 30, place centrale de Fontiers-Cabardès.

Depuis Castelnaudary, l’accès à Fontiers se fait par Saint-Papoul, Saissac et Saint-Denis. Depuis Carcassonne,  suivre la route de Mazamet, puis prendre la direction Fontiers-Cabardès.

Selon la météo et le temps disponible, en covoiturage, départ après la visite de Fontiers vers la maison forestière de la forêt de la Loubatière et sa chartreuse (15 minutes).

Randonnée sans difficulté, prévoir de bonnes chaussures de marche.

Une rando-découverte organisée  par l’Association Patrimoines, vallées des Cabardès et l’Association d’Etudes du Catharisme / René Nelli, proposée et présentée par Jean-Claude Capéra, géologue, président de l’association « PATRIMOINES, vallées des Cabardès», Charles Peytavie, historien médiéviste, spécialiste du catharisme et Franc Bardou, écrivain et essayiste, spécialiste des troubadours et de la pensée et de l’œuvre de René Nelli.

Le clocher de l'église de Fontiers.

Le clocher de l’église Saint-Clément de Fontiers. Gouache de Carlos Pradal (1967) illustrant un article de La Dépêche du Midi de Michel Roquebert sur le Cabardès, « suisse en miniature sur les flancs de la Montagne Noire« .

Cette randonnée sera l’occasion d’évoquer la fondation de Fontiers au temps des vicomtes Trencavel, des cathares et de la Croisade albigeoise et les moyens engagés par les évêques de Carcassonne pour combattre l’hérésie dans cette partie de la Montagne Noire. C’est dans ce contexte que seront également rappelés la fondation de la chartreuse de la Loubatière et le sort des troubadours du Cabardès (en particulier Raymond de Miraval et Peire Vidal). Le parcours dans Fontiers-Cabardès sera également l’occasion d’évoquer la Cabardès de René Nelli à travers la lecture des extraits de son œuvre consacrée à ce pays.

René Nelli à Fontiers.

Fontiers-Cabardès. La Sauvagère. Gouache de René Nelli, 26 juillet 1947.© ADA.

René Nelli choisit Fontiers comme lieu de ses vacances en 1947. Les deux années précédentes, il s’était rendu à Montségur. Comme il le note dans ses carnets, 1947 est l’année où il se « remet à faire de la peinture« , précisément à Fontiers. Ces sujets : la nature environnante et le domaine de La Sauvagère où il réside (aujourd’hui domaine Clément). Il y revient l’année suivante, toujours à La Sauvagère. En 1949, il opte pour des vacances à Ussat et Montségur, mais revient en Cabardès en 1950, cette fois-ci à Cuxac-Cabardès au « Cammazou » qui à cette époque s’appelait la « Villa Saint-Georges »  et appartenait au fondateur de la distillerie Cabanel de Carcassonne. A partir de 1951, René Nelli opte définitivement pour des vacances estivales au château de Bouisse qu’il vient d’acheter dans les Corbières. Le Cabardès est pour lui un paysage fonctionnant comme une confidence hors du temps, tissée de prose narrative, contemplative et de poésie.


Les cathares en kiosque cette semaine dans le magazine L’Express.

13 août 2012

Le magazine L’express de cette semaine (n° 3188, semaine du 8 au 14 août, p. 72-83) propose un excellent dossier sur les cathares et les châteaux du Pays cathare.

A lire sous la plume très agréable de la journaliste Julie Chaizemartin un bel article sur le châteaux du Pays cathare et des éclairages particuliers sur les sites de Carcassonne, Lastours, Arque, Serres, Roquefort, Puivert ou Montségur.

On retrouve dans ce dossier les interventions de nombreux spécialistes ou propriétaires de sites : Michel Roquebert, Anne Brenon, Gauthier Langlois et Charles Peytavie ; Fabrice Chambon, guide de Montségur ; Jean-Louis Gasc, guide au château comtal de Carcassonne ; Arnaud Mignard, propriétaire du château de Puivert ; Michèle Deschamps, propriétaire du château de Serres ; Pierre Clément, propriétaire du château de Roquefort.


Ouverture des 6e Rencontres de Serres. Les troubadours et l’amour courtois. Les vies imaginaires du troubadour Peire Vidal.

10 juillet 2012

Le troubadour Peire Vidal par le peintre Carlos Pradal (1832-1988). Dessin illustrant un article de MIchel Roquebert dans La Dépêche du Midi.© DR.

Jeudi 12 juillet à 18 heures débutent les 6e Rencontres de Serres, organisées par les amis de Jean DESCHAMPS et l’Association Patrimoine de Serres, au théâtre en plein air du château de Serres, dans l’Aude, entre Couiza et Arques. La première rencontre est consacrée à l’Occitanie médiévale:

Les troubadours et l’amour courtois. Les vies imaginaires du troubadour Peire Vidal.

Avec Michel ROQUEBERT, historien, Charles PEYTAVIE, historien médiéviste et Franc BARDOU, écrivain et poète occitan. Entrée libre.

Le troubadour toulousain Peire Vidal (vers 1150-vers 1210) a vécu en Languedoc à l’époque de l’essor du trobar et du développement du catharisme. Depuis Toulouse et les cours de Carcassonne, de la Montagne Noire et du Lauragais, il a parcouru le monde ouvert à la civilisation occitane de son temps, mettant sa plume au service des plus grands princes de ce monde (le comte Raymond V de Toulouse, le roi d’Aragon Alphonse II de Castille, Barral des Baux, vicomte de Marseille). On le retrouve aussi à la cour d’Alphonse VIII, le roi de Castille ; il voyage même jusqu’en Hongrie, à Gênes en Italie ou bien encore à Malte en 1204. Sa vie est un roman fabuleux dont on connaît encore le fameux épisode comme ceux racontant ses amours malheureuses avec la Louve de Pennautier.

Dessin de Carlos Pradal.© DR.

A travers le récit de sa vie et les textes  de ses poèmes (que Franc Bardou évoquera et chantera sur la scène du théâtre en plein air de Serres), les historiens Michel Roquebert et Charles Peytavie dresseront un portrait de l’Occitanie médiévale avant qu’elle ne subisse les coups de la Croisade contre les Albigeois.

 


Jean Deschamps au Festival de la Cité. Vingt ans de création à Carcassonne. Une exposition est présentée en ce moment et jusqu’à septembre à la Maison des Mémoires à Carcassonne. L’occasion de rappeler ici sa contribution à la mémoire du catharisme.

10 juillet 2012

Depuis le 22 juin et jusqu’au 16 septembre 2012, les Archives départementales de l’Aude consacrent, à Carcassonne une exposition au comédien et metteur en scène Jean Deschamps (1920-2007), créateur du Festival de la Cité et ami de René Nelli, Jacques Charpentier, Charles Mouly et Michel Roquebert. En quelques dates, nous voudrions rappeler ici sa contribution à la mémoire du catharisme et son attachement à la culture occitane.

Né dans le Lot, à Strenquels, le 23 juin 1920, Jean Deschamps, après des études à Cahors, achève une licence de philosophie à l’université de Toulouse, puis s’inscrit d’abord à l’école des Beaux-arts ; il hésite alors à devenir peintre et opte finalement pour le théâtre.Il en sort brillamment du conservatoire en 1940 avec deux premiers prix (tragédie et comédie). A partir de février 1941, il est auditionné et engagé par le fondateur du Théâtre du Forez, Alexandre Arquillière. La troupe, basée à Saint-Etienne, et se veut comme une tentative de décentralisation du théâtre classique en province. Jean Deschamps se voit alors confié tous les premiers rôles tragiques (Le Cid, Ruy Blas, Cinna, Nicomède, Oreste d’Andromaque, Œdipe roi, etc…). Après la guerre, il intègre le Théâtre National du Palais de Chaillot (TNP),puis est engagé en 1950 est engagé par la Compagnie Raymond Hermantier. Cette année-là, ce dernier se voit confier l’organisation du premier Festival d’Art dramatique de Nîmes. La représentation en plein air devant plus de 15 000 spectateurs dans l’amphithéâtre antique de Jules Césarde Shakespeare est un triomphe. La réussite du projet marque profondément le comédien. En 1951, Jean Deschamps intègre le Théâtre National Populaire (TNP), passé sous la direction de Jean Vilar. Dès l’été 1952, il participe à l’aventure du festival d’Avignon.

1955. Jean Deschamps incarne Raymond VI de Toulouse dans les arènes de Nîmes

Jean Deschamps, à Nîmes, dans le rôle du comte Raymond VI de Toulouse, flagellé sur le parvis de Saint-Gilles.© DR.

En 1955, cinq après la première édition, Raymond Hermantier est à nouveau sollicité par la municipalité de Nîmes pour lancer un second Festival d’Art dramatique dans les arènes de Nîmes. On décide d’y jouer Coriolan et à nouveau Jules César de Shakespeare (dans une adaptation de l’écrivain nîmois J.-F. Reille) et d’y créer une pièce toute nouvelle La tragédie des Albigeois (qui deviendra Les Albigeois), écrite par Maurice Clavel et Jacques Panijel. On pense alors rivaliser avec Avignon : quarante acteurs sont descendus de la capitale. Jean Deschamps est choisi pour incarner Raymond VI de Toulouse; Jean-Louis Trintignant sera Raymond-Roger Trencavel, Jean Amadou Simon de Montfort. On remarquera dans des petits rôles : Maurice Pialat, Stéphane Audran, Gérard Blain. Le sujet de la pièce suscite la polémique et les inquiétudes. On fait appel à 30 comédiens régionaux, à 30 élèves des cours de danses locaux, à 120 volontaires et 150 aviateurs de la base voisine qui feront office de figurants. On s’interroge sur le caractère pharaonique de la mise en scène prévue pour ce « western pour évêques » dixit Jean-Louis Barrault. La partition musicale originale qui fera intervenir les instruments traditionnels du Languedoc est confié à Georges Delerue. Elle sera saluée par la critique. Les deux représentations, le samedi 2 et le dimanche 3 juillet 1955, sont au final un énorme succès public et critique. La pièce sera rejouée à Nîmes l’année suivante.

1957. La création du Festival de Carcassonne, le second festival de théâtre de France.

Logo du festival de Carcassonne 1967

Au printemps 1956, Jean Deschamps, « à la recherche d’un lieu de création pour une expérience théâtrale et scénographique », rencontre Jules Fil, maire de Carcassonne, et Georges Guille, président du Conseil général de l’Aude. Il  leur propose de créer dans la préfecture leur propre  festival d’art dramatique. Il s’engage totalement dans ce projet ; le département et la ville apportent un soutien financier et logistique. Le succès du festival de Carcassonne est presque immédiat. Il devient rapidement, après celui d’Avignon, le second festival de théâtre de France. Ainsi de 1957 à 1964, le nombre de spectateurs augmente de façon régulière. De 5 000 en 1957, on atteint 25 000 en 1964. Le Théâtre d’Eté, compagnie Jean Deschamps est alors la seule compagnie théâtrale française qui crée chaque été 3 ou 4 pièces pour le plein air. Jean Deschamps dirigera le festival de Carcassonne jusqu’en 1974. Le 15 juillet 2006, la ville de Carcassonne, sur proposition du député Jean-Claude Pérez, lui a rendu hommage pour faire du théâtre de la Cité le théâtre Jean Deschamps.

Le 8 juillet 1973, Jean Deschamps donne un interview pour le journal télévisé de 13 heures à l’occasion de l’ouverture du nouveau théâtre de plein air de la Cité, une infrastructure qu’il souhaitait pour pouvoir offrir le théâtre au plus grand nombre. Ce document est visible gratuitement sur le site de l’INA :

http://www.ina.fr/art-et-culture/arts-du-spectacle/video/CAF97064997/theatre-plein-air-carcassonne.fr.html

1973. Jean Deschamps met en scène  Beatris de Planissolas, l’opéra en langue d’oc de René Nelli et Jacques Charpentier, au théâtre du Capitole à Toulouse.

Table ronde sur la scène du Théâtre du Capitole de Toulouse. Avril 1973. De gauche à droite, Jean Duvernoy, André Casanova, Michel Roquebert, Jacques Charpentier, René Nelli et Jean Deschamps.

Le 22 juillet 1972, l’opéra Beatris de Planissolas, premier opéra chanté en langue d’oc, composé par Jacques Charpentier sur un livret de René Nelli est créé au festival d’Aix-en-Provence.  Devant le succès public et critique rencontré par cette oeuvre évoquant la confrontation de la châtelaine de Montaillou Béatrice de Planissoles avec l’évêque de Pamiers Jacques Fournier (futur pape Benoît XII), un nouvelle représentation est prévue l’année suivante sur la scène du théâtre du Capitole de Toulouse les 7 et 8 avril 1973. La nouvelle mise en scène est confiée à Jean Deschamps.  Dans un article de la Dépêche du Midi paru le 7 avril 1973, il précise que sa mise en scène a été conçue comme une imagerie capable de faire deviner à ceux qui ne connaissent pas la langue d’oc le propos de la pièce. Une table ronde présentée par Michel Roquebert, organisée la veille sur la scène du Théâtre du Capitole, avait réuni autour des auteurs de l’opéra, Jacques Charpentier et René Nelli, Jean Deschamps, Charles Mouly et Jean Duvernoy.

 Depuis 2007, les rencontres de Serres

En 2007, Jean Deschamps et son épouse Michèle souhaitent ouvrir la saison estivale du théâtre en plein air de leur château de Serres (près d’Arques et de Couiza) par une rencontre consacrée à l’histoire de la société médiévale occitane et au catharisme. Ils en confient l’animation et la présentation à leur ami Michel Roquebert qui invite auprès de lui l’historien médiéviste Charles Peytavie et de nombreux autres intervenants au gré des thèmes explorés par ces rencontres publiques dont le succès ne se dément pas (le compositeur Jacques Charpentier, l’historien médiéviste Gauthier Langlois, l’écrivain et poète occitan Franc Bardou et le comédien et metteur en scène Jean-Claude Drouot). Depuis, l’Association des Amis de Jean Deschamps et l’Association Patrimoine de Serres offrent au public une programmation plus étendue. Toujours ouvertes par une première rencontre consacrée aux cathares ou la civilisation occitane, les Rencontres de Serres invitent chercheurs, médecins et scientifiques à venir présenter les résultats de leurs recherches ou leurs interrogations éthiques dans un dialogue ouvert avec le grand public dans un vrai moment partagé de convivialité et de pédagogie populaire.

Michel Roquebert prononce un émouvant hommage à Jean Deschamps au moment de l’inauguration de l’exposition carcassonnaise le 22 juin dernier, en présence de Michèle Deschamps et de Jacques Charpentier.

Charles Peytavie 

A lire:

Jean Deschamps au Festival de la Cité. Vingt ans de création à Carcassonne. Archives Départementales de l’Aude. 2012.


Rendez-vous estivaux autour du catharisme et de la société médiévale méridionale.

6 juillet 2012

Cet été, l’équipe de l’AEC est heureuse de vous recommander quelques conférences et rencontres qui se dérouleront dans le département de l’Aude:

Rencontres de Serres 2012

Rencontres de Serres 2011. Franc Bardou, Michel Roquebert, Charles Peytavie.

Organisées par les amis de Jean DESCHAMPS et l’Association Patrimoine de Serres.

Le jeudi 12 juillet à 18 heures au théâtre de plein air du château de Serres (Aude), entre Couiza et Arques.

Les troubadours et l’amour courtois. Les vies imaginaires du troubadour Peire Vidal.

Avec Michel ROQUEBERT, historien, Charles PEYTAVIE, historien médiéviste et Franc BARDOU, écrivain et poète occitan. Entrée libre.

Le mardi 24 juillet à 21 heures au théâtre de plein air du château de Serres (Aude)
« Les mines en Corbières » par Michel RZEPECKI, président des Mines en Corbières. Entrée libre.
Le mercredi 25 juillet à 21 heures au théâtre de plein air du château de Serres (Aude)
« Quel avenir pour l’antarctique? » par Daniel DEVILLE ingénieur de recherches au CNRS, professeur à l’université du Québec. Entrée libre
Le vendredi 27 juillet à 21 heures au théâtre de plein air du château de Serres (Aude)
L’art des cavernes préhistoriques par Jean CLOTTES, président du Comité international des Monuments et sites, Conservateur général du patrimoine. Entrée libre

Le mardi 17 juillet à 21 heures à Quillan, salle de la Cigale

Au Moyen-âge, l’homme est ce qu’il mange. Propos apéritifs autour de la gastronomie médiévale. Conférence de Nicolas GOUZY, écrivain, spécialiste de la gastronomie médiévale. Entrée gratuite.

Le mardi 7 août à 21 heures à Tuchan (Aude) dans la cour des écoles.

Puilaurens. © Franc Bardou.

Les châteaux des pays du Roussillon et du Languedoc à travers les sources historiques et archéologiques. Soirée organisée par l’Association  des Amis d’Aguilar avec Thomas CHARPENTIER, guide conférencier et archéologue.

Le Mardi 28 août, à 21 heures  à Quillan, salle de la Cigale

De Toulouse à Montségur. Les origines du catharisme en pays d’oc. Conférence illustrée de Charles PEYTAVIE, historien médiéviste, spécialiste du catharisme. Entrée gratuite.

 Que sait-on des débuts du catharisme au XIIe siècle avant la tourmente de la Croisade albigeoise ? Comment les communautés cathares étaient-elles organisées et quelles étaient leurs croyances ? Voilà les deux questions auxquelles Charles Peytavie portera toute son attention dans une conférence illustrée par des images et des documents d’époque. Ce sera aussi l’occasion de découvrir la vie des Eglises cathares au moment où les Bons hommes vivent encore au grand jour leur foi chrétienne dissidente et prêchent en langue d’oc l’«entendement du Bien». On découvrira également comment la menace d’une répression de plus en plus sévère au début du XIIIe siècle les obligera à se concerter et à demander la reconstruction du village fortifié de Montségur.

L’historien Francesco Zambon et le photographe Patrick Courault sont avec Michel Roquebert les invités de la 4e journée René Nelli à Bouisse, le samedi 23 juin 2012.

8 juin 2012

Parmi les invités de la 4e journée René Nelli organisée au château de Bouisse le samedi 23 juin prochain, l’AEC a l’honneur de recevoir cette année l’historien italien Francesco Zambon, professeur de philologie à l’Université de Trente, spécialiste des troubadours et des sources cathares, et le photographe Patrick Courault.

En octobre 2009, les deux hommes se rencontraient pour la première fois en Italie. Venu réaliser un reportage photographique sur les cathares, Patrick Courault réalisait un entretien resté inédit du spécialiste italien qui aurait dû être publié début 2010 dans le n°11 du magazine Histoire du catharisme édité alors par le Centre d’Etudes Cathares. A l’occasion de leur venue à Bouisse, il nous a semblé intéressant de vous proposer la transcription de cet entretien qui présente un état des lieux de la recherche sur le catharisme en Italie.

Existe-t-il encore une recherche sur le catharisme en Italie ?

 F. Zambon:  Je pense que nous sommes dans une époque qui bouge par rapport à la période précédente, où ceux qui s’intéressaient au catharisme en Italie étaient des Allemands, des Français, dont le père Antoine Dondaine qui a découvert, à Florence, des textes fondamentaux sur le catharisme. Les progrès de ces dernières années sont considérables. On peut citer les études du chercheur Raoul Manselli dont nous sommes redevables du seul ouvrage général sur le catharisme en Italie, mais aussi d’autres comme, Grado Giovanni Merlo, Gabriele Zanella, Lorenzo Paolini, Enrico Riparelli…

Port de Desenzano (Italie). © Patrick Courault. Cette cité fut au début du XIIIe siècle le siège d’un évêché cathare italien et le lieu de résidence du théologien cathare Jean de Lugio, auteur du Livre des Deux Principes.

Depuis le début des années 1990 de jeunes chercheurs, souvent des femmes d’ailleurs, sous la direction d’historiens, ont aussi publié sur les sources italiennes. Tout n’est pas défriché. Par exemple, on m’a montré des procès verbaux de l’Inquisition se trouvant à la bibliothèque de Mantoue. Certains documents peuvent être parfois très intéressants, car ils permettent de reconstituer toute la vie, toute l’histoire d’hérétiques comme Armanno Pungilupo. Ils pouvaient être considérés par les gens et même par les autorités ecclésiastiques comme des saints, et lorsque l’on découvrait qu’ils étaient cathares, leurs dépouilles étaient déterrées et leurs os brûlés.

Existe-t-il des rapports difficiles entre l’Eglise romaine et l’histoire du catharisme en Italie ? Les chercheurs sont-ils critiqués ?

F. Zambon: Malheureusement oui ! Malgré le fameux discours du Pape Jean-Paul II qui avait demandé pardon pour les crimes commis par l’Eglise durant son histoire et notamment par l’Inquisition, on trouve, en son sein, des tendances que je définirais comme intégristes. J’ai eu une polémique publiée dans les journaux « Corriere Della Sera » et « la Répubblica » car un des plus importants écrivains catholiques, Vittorio Messori, biographe de Jean-Paul II. Il avait écrit un article à l’occasion de l’anniversaire de la prise de Béziers. Il communiquait sur l’intention de fonder une association catholique anti calomnie qui considèrerait que tous les historiens soutenant que les cathares ont été massacrés par l’église, ne sont que des calomniateurs et qu’il faut rétablir la vérité. Il citait tout un ensemble de pseudo informations sur le catharisme, parfois tirées de sources médiévales, et parfois inventées, et qui lui servait pour présenter le catharisme comme une religion, de violents, d’intolérants, qui ont créé des problèmes, alors que c’est tout le contraire. C’était un article tellement incompréhensible, plein de contre vérité, d’ignorance et par conséquent de déformation de la vérité historique.

Les arènes de Vérone (Italie). © Patrick Courault.                       166 Bons hommes et Bonnes femmes du Midi de la France arrêtés à Sirmione y sont brûlés le 13 février 1278.

(…) L’intérêt historique objectif pour  le catharisme est récent en Italie. Il y a toujours eu, de la part de l’Eglise, une résistance à ce développement. Et d’autre part, les traces matérielles du catharisme en Italie, même si il a connu un développement aussi important que celui du sud ouest de la France, sont très rares et peu significatives. Donc il n’y a pas eu de légendes, de traditions, de romans qui auraient pu nourrir l’histoire des cathares dans la conscience populaire ou collective. Cela a toujours été un petit chapitre de l’histoire de l’Eglise dont se sont occupés surtout les historiens catholiques et c’est seulement depuis vingt ans que des non catholiques, des historiens, des historiens des religions, commencent à s’intéresser à ce phénomène en soit, indépendamment de l’Eglise.

Parle-t-on des cathares dans les livres d’histoire en Italie ? 

F. Zambon : Très peu. En France il y a eu la croisade albigeoise, c’est un fait historique important pour l’histoire de la France et pour l’Europe en général. C’est par ce biais que l’on connaît, plus qu’en Italie,  le mot cathares ou albigeois. Les historiens du XIXème siècle, en France, ont fait des ouvrages littéraires sur la croisade, mais en Italie il n’y a rien eu de tout cela. Tout est resté un chapitre secondaire dans l’histoire de l’Eglise.

Francesco Zambon

Francesco Zambon est professeur de philologie et de linguistique romane à l’université de Trente. Depuis 2006, il est membre du conseil d’administration de cette université. Ces principales recherches portent sur  le « Livre du Graal » de Robert de Boron et le cycle romanesque du graal, les traités et les rituels cathares, la poésie et les chansons des troubadours et la mystique médiévale. Il a longtemps été correspondant italien de la revue Heresis publiée par le Centre d’Etudes Cathares. Parmi ses nombreux travaux sur le catharisme ou la croisade albigeoise, citons sans être exhaustif :

 «L’évêque Foulque dans la « Chanson de la Croisade albigeoise »», dans 1209-1309. Un siècle intense au pied des Pyrénées, sous la direction de Claudine Pailhès, Castanet-Tolosan: Conseil Général de l’Ariège – Archives Départementales, 2010, p. 181-194

«L’interprétation cathare des paraboles évangéliques: les deux arbres, la brebis et la drachme perdues», dans 1209-2009. Cathares: une histoire à pacifier?,  sous la direction d’Anne Brenon, Portet-sur-Garonne: Loubatières, 2010, p. 155-169

«Guénon e la leggenda del Graal» dans Esoterismo e religione nel pensiero di René Guénon, A. Iacovella (a cura di), Carmagnola (Torino): Arktos, 2009, p. 41-56

«Le mythe du Graal chez Jean Cocteau et Julien Gracq» dans La mythologie de l’antiquité à la modernité. Appropriation-adaptation-détournement, Rennes: Presses Universitaires de Rennes, 2009, p. 371-382

«I catari e il potere» dans Gli arconti di questo mondo. Gnosi: politica e diritto, Bonvecchio, T. Tonchia (a cura di), Trieste: Università di Trieste, 2000, p. 147-160

«Le catharisme et les mythes du Graal», dans Catharisme: l’édifice imaginaire, Carcassonne: Centre d’Etudes Cathares, 1998, p. 215-243

Paratge. Els trobadors i la croada contra els càtars, Barcelona: Columna, 1998

La cena segreta. Trattati e rituali catari, Milano: Adelphi, 1997, 472 p

«La notion de Paratge des troubadours à la ‘Chanson de la Croisade albigeoise’», dans Les voies de l’hérésie. Le groupe aristocratique en Languedoc, Carcassonne: Centre d’Etudes Cathares, coll. Heresis, 1995, vol. III,  p. 9-27

Retrouvez toutes les publications de Francesco Zambon sur sa page de présentation sur le site de l’université de Trente : http://www.unitn.it/dsllf/8390/francesco-zambon

Patrick Courault. © Jacques Jany.

 Patrick Courault est photographe. Normand au passé de marin, il s’est d’abord spécialisé dans la photographie aérienne des rivages et plus particulièrement ceux des côtes de Normandie entre le Tréport et le Mont Saint-Michel. Sa recherche permanente des lumières, a séduit, et lui a valu de publier douze livres préfacés par l’historienne Régine Pernoud, l’écrivain Didier Decoin de l’Académie Goncourt ou l’écrivain Frédéric Lasaygues. Depuis l’an 2000, il étend sa zone de travail au Grand Ouest ainsi qu’à l’Europe, notamment les Balkans et le Midi de la France sur les traces des bogomiles et des cathares.

Retrouvez les photographies et les livres de Patrick Courault sur son site internet : http://www.courault.org/nc.html