8e journée René Nelli au château de Bouisse : samedi 25 juin 2016. A la croisée de la poésie et de la philosophie nellienne, deux œuvres majeures inspirées par le catharisme : Le Suaire de Barrabas ou le Mystère de Senlis (1976) et l’Oda a Montsegur (1977). Avec Charles Peytavie, Franc Bardou Gérard Zuchetto et le Troubadours Art Ensemble, la Compagnie Fées et Gestes (Esther Candaës, Jean-Louis Manceau).

29 mai 2016

Bouisse by Bardou

L’AEC / René Nelli, l’Association des Amis du château de Bouisse et la commune de Bouisse vous accueillent à Bouisse dans les Corbières à l’occasion de la 8e Journée René Nelli:

A la croisée de la poésie et de la philosophie nellienne,
deux œuvres majeures inspirées par le catharisme :
Bouisse 2
Le Suaire de Barrabas ou le Mystère de Senlis (1976) et l’Oda a Montsegur (1977).

Avec Charles Peytavie, Franc Bardou
Gérard Zuchetto et le Troubadours Art Ensemble, la Compagnie Fées et Gestes  (Esther Candaës, Jean-Louis Manceau)

Avec deux créations artistiques originales:

-le concert de Gérard Zuchetto et du Troubadours Art Ensemble à partir de l’Oda a Montsegur

-la lecture théâtralisée du poème scénique inédit Le Suaire de Barrabas par la Compagnie Fées et Gestes.

Le programme et le bulletin d’inscription à la journée et au repas de midi est téléchargeable ici:

8e Journée René Nelli Bouisse Samedi 25 juin

Voici le programme de la journée :

9 h 30 : Rendez-vous à la mairie de Bouisse.
Accueil par Annie Lambert, présidente de l’AEC / René Nelli, par Philippe Ramon, président des Amis du château de Bouisse, par Francis Baron, maire de Bouisse, par Hervé Baro vice-président du conseil départemental de l’Aude et par Michel Maïque, président de la Communauté de communes Région Lézignanaise, Corbières et Minervois
Café et viennoiseries.
10 h : Montée au château de Bouisse.
Conférences et lectures autour du poème scénique Le Suaire de Barrabas ou le Mystère de Senlis.

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Franc Bardou, Charles Peytavie et Jacques Charpentier à Bouisse en 2011.

10 h 15 : Le Suaire de Barrabas ou le Mystère de Senlis. L’opéra inachevé de René Nelli et Jacques Charpentier, une oeuvre inspirée par le catharisme et l’histoire du saint suaire de Carcassonne. Evocation proposée par Charles Peytavie, historien spécialiste du catharisme.
Le suaire de Barrabas ou le mystère de Senlis est un poème scénique inédit écrit par René Nelli en 1976 pour son ami le compositeur Jacques Charpentier afin de servir de livret à un nouvel opéra en français, second volet d’une « pentalogie » que les deux amis voulaient consacrer à l’hérésie et aux dissidences. Après avoir coécrit Beatris de Planissolas, premier opéra conçu en langue d’oc créé au Festival d’Aix-en-Provence le 22 juillet 1971 mettant en scène la confrontation de la châtelaine de Montaillou avec l’inquisiteur Jacques Fournié, leur nouvelle collaboration s’inspirait de l’existence réelle d’un saint suaire du Christ, conservé au Moyen Age dans le couvent des Augustins de Carcassonne et réputé faire de nombreux miracles. Nous reviendrons sur l’histoire de cette relique (un tissu de soie daté de la fin du XIIIe ou du début du XIVe siècle) toujours conservée à Carcassonne. Nous verrons comment elle a inspiré les deux auteurs dans cette nouvelle aventure cathare musicale restée pour l’instant inachevée.

René Nelli et Jacques Charpentier dans les ruines du château de Montaillou.

René Nelli et Jacques Charpentier dans les ruines du château de Montaillou.

11 h : Lecture du début de l’acte I du livret du Suaire de Barrabas par la Compagnie Fées et Gestes (Esther Candaës et Jean-Louis Manceau)

Senlis au Moyen Age, un été de grande sécheresse. La cité est touchée par la peste et les morts hantent les vivants. La nuit tombée, les trépassés envahissent les rues et font régner la terreur. Au palais, la reine et son entourage (un médecin, un astrologue et l’évêque de la ville) s’interrogent : cette armée de revenants est-elle celle du Diable ? Quelle est la cause profonde du mal qui les touche ? Et surtout pourquoi Dieu reste-il sourd à leurs prières ? Ne faudrait-il pas mieux s’adresser directement au Diable ? Et s’il existait pourtant un moyen sûr de vaincre la mort ? Un suaire du Christ conservé à Carcassonne serait, dit-on, capable de sauver la reine et ses sujets. Mais le recours à la relique ne fait pas l’unanimité. Un parfait conteste sa véracité. Pour lui, ce suaire n’a aucune valeur. Ce ne serait qu’un lambeau du manteau de Barrabas…

Franc Bardou et Gérard Zuchetto. Bouisse 2015.

Franc Bardou et Gérard Zuchetto. Bouisse 2015.

11 h 15 : Un suaire poétique au carrefour des conceptions du monde, de l’humain et du divin. Conférence par Franc Bardou, écrivain, poète et essayiste, spécialiste de l’œuvre de René Nelli.
Confrontant des voies spirituelles fort distinctes et parfois même antagonistes, l’œuvre inédite de Nelli, Le suaire de Barrabas, mérite un examen attentif, car si, comme l’indique ailleurs son auteur « la poésie enveloppe ce que la philosophie développe », c’est avec une habileté allusive et une force imaginale rares que Nelli est parvenu, dans ce long poème scénique, à visualiser des conceptions du monde, de la place de l’humain et du divin qui luttaient entre elles au Moyen-Âge, pour les exposer les unes aux autres sans jamais pouvoir en exclure complètement aucune au-devant de la Raison, face à l’Invérifiable et à l’Indicible. Et si le Divin, chez Nelli, s’enchâssait davantage dans cette éternelle confrontation, au cœur de l’Indécidable, plutôt que dans telle ou telle voie spirituelle ?

12 h 30 : Lecture de la fin du livret de l’acte I du Suaire de Barrabas par la Compagnie Fées et Gestes (Esther Candaës et Jean-Louis Manceau)

12 h 45 : Repas, salle communale de Bouisse.

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Jean Louis Manceau et Esther Candaës à Bouisse en 2013. Lecture théâtralisée de Beatris de Planissolas de René Nelli.

15 h 00 :
Création originale
Lecture théâtralisée par la Compagnie Fées et Gestes de l’acte II du Suaire de Barrabas.
Mise en espace sur la terrasse du château
Avec Esther Candaës et Jean-Louis Manceau et la participation de Thierry Bergerot, Livia Bergerot et Philippe Ramon.
15 h 30 – 17 h :
Création originale
Concert : ODA A MONTSEGUR. ORATÒRI.
René Nelli – Gérard Zuchetto
Cour du château de Bouisse
Avec Gérard Zuchetto, chant, compositions, Damien Combes, guitares, Patrice Villaumé, vielle à roue ténor et tympanon, Gildas Becquet, contrebasse, Thierry Gomar, vibraphone et percussions, Abdalatef Bouzbiba, violon, rebec et gembri, Uranus sounds et Franc Bardou pour la présentation du texte de René Nelli.

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Gérard Zuchetto à Bouisse en 2015.

Le grand poète, philosophe et historien du catharisme, René Nelli nous a légué une œuvre majeure avec son Oda a Montsegur (1977). Ecrit en vers, ce récit est une ode à la liberté à travers l’évocation du Château de Montségur, des hérétiques cathares et de « l’âme occitane ». C’est une œuvre surtemporelle qui traduit le tempérament bouillonnant de cet « occitaniste » de la première heure.
En juin 2015, Gérard Zuchetto et ses amis musiciens nous ont présenté en avant-première à Bouisse une ébauche de cet oratorio contemplatif sur les mots et les sons nelliens de l’Ode à Montségur.
Ils reviennent aujourd’hui avec la version scénique définitive de cette œuvre vertigineuse qui fait aussi l’objet d’une sortie en CD et d’une série de concerts dans toute la région. La présentation de cet oratorio s’inscrit également dans le cadre du 11e Festival Les Troubadours chantent l’art roman, organisé à l’initiative de la Région Languedoc Roussillon Midi Pyrénées et de Trob’Art Production.

château de Bouisse extérieur by Bardou

Le programme et le bulletin d’inscription à la journée et au repas de midi est téléchargeable ici:

8e Journée René Nelli Bouisse Samedi 25 juin


Samedi 07 mai 2016. Nouvelle journée découverte de l’AEC sur les pas des cathares à Puivert (Aude).

19 avril 2016

Samedi 07 mai 2016, l’AEC vous invite sur les traces des cathares et des troubadours à Puivert (Aude).

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Le château de Puivert (photo Franc Bardou)

Plusieurs pages d’histoire au programme :

La famille seigneuriale des Congost avant et pendant la Croisade albigeoise.
Puivert et son château après la Croisade.
Du nouveau sur l’histoire de la «Terre privilégiée».
Puivert et les troubadours. De l’Histoire au mythe.
Visites commentées du château et du musée du Quercorb.

Une journée organisée avec le soutien de la commune de Puivert, la Communauté de communes des Pyrénées Audoises et
M. Mignard, propriétaire du château de Puivert

Au programme:

7555906909 h 30 : Point de rendez-vous sur le parking du lac de Puivert (devant l’entrée du camping), au sud du village (D15, route de l’Escale). Départ en voiture vers la salle de conférence toute proche à Campsadourny.
10 h : Accueil des participants par notre présidente Annie Lambert.
10 h 30 – 12 h 00: Conférences inédites et discussion. Du nouveau sur l’histoire de Puivert :

Charles Peytavie : Les Congost, seigneurs de Puivert, et le Quercorb avant et pendant la Croisade albigeoise. Le point sur le catharisme en Quercorb.
Jean Pons : Le château de Puivert après la Croisade des Albigeois. L’histoire de la «Terre privilégiée»
Après la réunion des domaines des Trencavel au domaine royal, la position du Château de Puivert en a fait une place forte d’importance capitale pour la défense de la frontière avec la Catalogne et l’Aragon, en contrebas des monts (Pays de Sault), dans la dépression entre la vallée de l’Aude et le Plantaurel. Le château étant inféodé, la monarchie française concèdera à son seigneur un statut particulier lui permettant d’assumer pleinement ses obligations militaires, à savoir : Obligation de garde du château, exemption des deniers royaux et taille à merci. Au cours du temps, ce statut évoluera avec des conséquences inattendues. L’intérêt militaire déclinera, la taille féodale sera abonnée, mais l’exemption d’impôt prendra une importance croissante. Le fief sera morcelé au gré des successions et des ventes, obligeant les habitants à s’organiser pour la défense d’un statut qui leur est devenu très favorable, justifiant pleinement l’appellation de «Terre privilégiée».128366477

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12 h 30 : Repas en commun.
14h 00 – 16 h 00 : Visite commentée du château avec l’historien médiéviste Charles Peytavie. Evocation des troubadours et du mythe lié au château de Puivert par Franc Bardou; commentaire des chapiteaux aux musiciens avec la participation exceptionnelle du luthier Robert Rivié. Chants de troubadour in situ dans le donjon de Puivert.
16 h 00 – 17 h 00 : Visite commentée du Musée du Quercorb et de l’Instrumentarium. Avec la participation du luthier Robert Rivié, de Franc Bardou et Charles Peytavie.

Une journée gratuite pour les adhérents de l’AEC et les habitants de Puivert et des communes limitrophes. 2 euros de participation pour les autres. Possibilité de prendre un repas en commun à midi (prix du repas proposé: 18 euros).

Le bulletin d’inscription est à télécharger ici :Programme et bulletin d’inscription à la Journée découverte Puivert 07 mai 2016

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7e Journée René Nelli. Le samedi 27 juin 2015 au château de Bouisse (Aude) : René Nelli et Montségur.

1 juin 2015

Montségur. Photo Franc Bardou.

 L’AEC / René Nelli, l’Association des Amis du château de Bouisse et la commune de Bouisse vous accueillent à Bouisse dans les Corbières à l’occasion de la 7e Journée René Nelli.

L’écrivain, poète et philosophe René Nelli (Fonds René Nelli, ADA).

Le thème de cette 7e journée : René Nelli et Montségur.

En fin de journée une création musicale originale de Gérard Zuchetto : «Nelli dans le son des mots »

PROGRAMME DE LA JOURNEE

09 h 30 : Rendez vous à la mairie de Bouisse
Accueil par Annie Lambert, présidente de l’AEC / René Nelli, par Philippe Ramon, président des Amis du château de Bouisse, par Francis Baron, maire de Bouisse et par Hervé Baro, conseiller départemental et vice-président de la Communauté de Communes de la Région Lézignanaise Corbières et Minervois.
Café et viennoiseries.

10 h : Montée au château de Bouisse.

Montségur. La naissance du mythe et la redécouverte archéologique du site (1815-1950). Voyage en images autour d’une renommée retrouvée.

Le château de Montségur au début du XXe siècle. Hyptohèse 3D proposée par Tristan Bergerot.

Le château de Montségur au début du XXe siècle. Hyptohèse 3D proposée par Tristan Bergerot.

Par Tristan BERGEROT, documentariste et réalisateur. Auteur du film «Montségur, de l’envol à la chute».
A partir d’images d’époque inédites et des premiers récits des voyageurs puis des visiteurs du site, Tristan Bergerot nous propose de visualiser le Montségur que découvrent les pionniers de son histoire et les inventeurs des mythes qui vont s’en emparer tout au long du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle. A quoi pouvait ressembler le château avant ses restaurations majeures ? Comment fut-il perçu par ses premiers découvreurs ? L’utilisation des images 3D permet de répondre à ses passionnantes questions.

René Nelli et Montségur. Histoire fatidique d’une rencontre (1930-1966)

Par Charles PEYTAVIE, historien, spécialiste de l’histoire du catharisme.

René Nelli, Michel Roquebert, Fanita de Pierrefeu à Montségur (Fonds René Nelli, ADA)

René Nelli, Michel Roquebert, Fanita de Pierrefeu à Montségur.

En 1969, René Nelli reconnaissait lui-même qu’il ne «s’intéressait pas seulement au passé historique du catharisme mais aussi à la vie secrète de Montségur dont il fréquente le site depuis plus de trente ans», qu’il «y avait rencontré les personnages les plus célèbres et les plus singuliers, de Lanza del Vasto à André Breton, d’Otto Rhan à Gabriel Marcel» et que s’il publiait «un jour un «livre de souvenirs», on y trouverait le tableau le plus complet et le plus fidèle des diverses tendances qui ont influencé l’hermétisme occidental dans la première partie du XXe siècle ». Ce livre de souvenirs, René Nelli ne l’a, hélas, pas écrit. Malgré tout, il est possible d’évoquer quelques uns des moments clés qui ont forgé cet attachement indéfectible qui liera dès 1937 le jeune poète et philosophe, bientôt défricheur des textes cathares, au pog ariégeois. Tout commence à 9 h 15 du soir, chez Couquet à Montségur, le 26 juillet 1937 avec la fondation de l’Association des Amis de Montségur et du Saint Graal, association hétéroclite dont René Nelli prend la vice-présidence et où se côtoient écrivains, philosophes, occultistes, gens de lettres, spéléologues et membres des sociétés savantes ariégeoises et audoises. En quelques semaines, elle fédère tous ceux que la renommée de Montségur, son histoire et ses mythes contemporains attirent.

Montségur, château ou Dieu est un autre. Le Montségur des poèmes nelliens.

Montségur. Gouache de René Nelli (Fonds René Nelli, ADA)

Montségur. Gouache de René Nelli (Fonds René Nelli, ADA)

Par Franc BARDOU, écrivain, poète et essayiste, spécialiste de l’oeuvre de René Nelli.
A travers des touches successives, les poèmes de René Nelli ont généré une citadelle céleste qui devient de moins en moins matérielle tandis que les recherches sur le catharisme se structurent plus rationnellement. Nous entrerons avec les mots du poète, au sanctuaire.

12 h 30 : Repas, salle communale de Bouisse.

Bouisse. Photo Franc Bardou.

Bouisse. Photo Franc Bardou.

A partir de 15 h

Création originale

«Nelli dans le son des mots », une création musicale originale de Gérard Zuchetto.

Gérard Zuchetto et Thierry Gomar à Bouisse en 2011.

Gérard Zuchetto et Frédéric Bousquet à Bouisse en 2011.

Avec Damien Combes : guitares

Patrice Vilaumé :  vielle à roue

Caroline Itier: contrebasse

Thierry Gomar : percussions

Frédéric Bousquet : cristal Baschet

Gérard Zuchetto : chant, guitare

Le compositeur et interprète des troubadours, Gérard Zuchetto, a déjà œuvré — et même improvisé sur scène — sur la poésie bilingue de René Nelli. Il nous propose d’entrer en profondeur dans un oratorio contemplatif sur les mots et les sons nelliens de l’Ode à Montségur, œuvre vertigineuse que, pour la toute première fois, le public du château de Bouisse pourra entendre déployée dans une aventure musicale inédite.

Vous pouvez télécharger le programme et le bulletin d’inscription ici :

Programme et bulletin d’inscription 7e Journée René Nelli Bouisse samedi 27 juin 2015


L’AEC / René Nelli a le plaisir de vous inviter à assister à ses deux prochaines conférences.

29 octobre 2014

Samedi 29 novembre 2014, Auditorium de la chapelle des Jésuites , 14 h 30, entrée libre

h-norbertus-van-premontre_hendrik-causc3a9_grimbergen1Hérésies médiévales en Flandre et dans les Pays-Bas au début du XIIe siècle. L’hérétique Tanchelm ou Tanchelin, un proto-cathare ?

Une conférence de Michel Gybels, administrateur de l’AEC / René Nelli

Tanchelin, Tanchelm ou encore Tanchelin d’Anvers est un moine réformateur religieux, un prophète « communaliste » du début du XIIe siècle, connu surtout pour son antisacerdotalisme. Selon certaines sources il aurait fait partie de l’entourage du comte Robert II de Flandre (Robert de Jérusalem), dont il est peut-être officier ou notaire qui avait suivi le duc Godefroy de Bouillon en Croisade en Palestine (1096-1099). Tanchelin commence à prêcher en Hollande, en Zélande, en Flandre et en Brabant dès 1110. Ses critiques sont dirigées contre l’Église catholique romaine. Il prône l’agrandissement de l’évêché de Thérouanne jusqu’à Utrecht, prêche le refus de payer la dîme et nie la validité des sacrements délivrés par les prêtres indignes. Il opère aussi la distinction entre l’Église des simples – dont il se prétend le représentant au nom de l’Esprit qu’il dit incarner – à l’Église des clercs. Il s’oppose aux fastes et aux richesses inutiles de l’Église qu’il qualifie de bordel et vante les mérites de la vie apostolique, pour lui synonyme de pauvreté. Enfin, il favorise les mariages librement consentis par les époux. Il tire parti d’un conflit d’intérêt entre le comte et l’archevêché d’Utrecht afin de soulever le peuple anversois contre son clergé corrompu. Il dirige Anvers au nom de Dieu, s’entoure d’une garde armée et à sa dévotion il multiplie les sermons dans une ambiance d’hystérie. Emprisonné à Cologne en 1113-1114, il est libéré malgré les protestations des chanoines d’Utrecht.Finalement, il est assassiné en 1115 par un prêtre catholique alors qu’il traverse l’estuaire de l’Escaut à Vlissingen en Zélande. Toutefois ses adeptes conservent le pouvoir dans la ville d’Anvers.

Samedi 06 décembre 2014, Auditorium de la chapelle des Jésuites, 14 h 30, entrée libre

Le crépuscule d’une vicomté : l’histoire méconnue du Fenolhedès dernier foyer de la résistance à la croisade contre les Albigeois.

Une conférence de Rodrigue Tréton, docteur en Histoire médiévale.

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Le castrum de Fenouillet et le pic de Bugarach.  © Photo Franc Bardou.

 

L’historiographie de la croisade contre les Albigeois et de l’annexion du Languedoc méditerranéen au royaume de France entérinée par le traité de Corbeil en 1258 a bien souvent passé sous silence la question de l’ancien pays de Fenolhedès. Pourtant, ce territoire pyrénéen, devenu vicomté aux alentours de l’an mil, a été le dernier véritable foyer de la résistance militaire face à l’Eglise et au pouvoir des Capétiens. Ce n’est en effet que onze ans après la prise de Montségur que Xatbert de Barbaira rendit les armes à Quéribus en 1255.

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Le château de Quéribus et le Fenolhedès. ©Photo Franc Bardou.

En s’appuyant sur le résultat d’une longue enquête personnelle menée dans les archives de France et d’Espagne, le conférencier s’attachera à présenter l’originalité de la situation géopolitique du Fenolhedès et les motivations de ses derniers vicomtes tout en déroulant le fil des principaux événements qui aboutirent à la suppression définitive de la vicomté en 1262.


Conférence: Les Marceille, un lignage méridional du Razès au cœur de l’hérésie.

8 mai 2014

Samedi 17 mai 2014.
La Société d’Etudes Scientifiques de l’Aude organise sa séance mensuelle à Limoux. L’après-midi, à partir de 14 h 45, elle organise une séance publique ouverte à tous consacrée au site de Marceille, entre Limoux et Pieusse. RDV devant l’abri des pèlerins à l’entrée du parc de la basilique.
A cette occasion, l’historien médiéviste Charles Peytavie reviendra sur une page méconnue de l’histoire de ce site liée à l’histoire du catharisme.

Charles Peytavie : Les Marceille, un lignage méridional du Razès au cœur de l’hérésie.

Le site de Marceille, entre Limoux et Pieusse, aujourd'hui occupé par le parc de la basilique gothique. Au fonds le pic de Nore.

Le site de Marceille, entre Limoux et Pieusse, aujourd’hui occupé par le parc de la basilique gothique. Au fonds le pic de Nore. Photo Franc Bardou.

Avignonet. © Franc Bardou.

Avant d’être le lieu d’un pèlerinage très réputée dès le XIVe siècle, Marceille près de Limoux fut au XIIe et XIIIe siècle une petite localité et un terroir très disputés qui ont donné leur nom à un lignage très en vue dans le Razès. Ces chevaliers de Marceille vivaient dans l’entourage des seigneurs des grandes familles du Razès (les Alaigne, vicomtes du Razès, les seigneurs de Pieusse ou de Routier) et du Lauragais (en particulier les Laurac), fidèles aux Trencavel. Les sources inquisitoriales nous révèlent aussi leur lien étroit avec les Bons Hommes. Charles Peytavie, reviendra tout particulièrement sur le destin du chevalier Raymond de Marceille. Dans les années 1230, ce chevalier faidit ayant participé aux guerres contre Montfort, rend de nombreuses visites à Montségur. De toutes les batailles (siège de Carcassonne en 1240, expédition d’Avignonet contre les inquisiteurs en 1242) celui en qui l’historien Michel Roquebert verra l’un des « sept samouraïs de Montségur » est chargé de la défense du pog. Il choisit d’y mourir en mars 1244 sur le bûcher par fidélité à ses convictions religieuses.

Cette première intervention sera suivie d’une conférence de l’historienne de l’art Julie Grassin Delyle : Nouveaux regards sur les décors sculptés de Notre-Dame de Marceille à Limoux, XVIIe-XVIIIe siècles

et d’une visite de l’église gothique avec les deux historiens.


Vendredi 25 avril 2014, à Pennautier, Charles Peytavie présente une conférence inédite sur les seigneurs de Pennautier au temps des cathares et de la Croisade albigeoise.

22 avril 2014

[Conférence]

L’AEC / René Nelli vous recommande vendredi 25 avril 2014 à 18 h 30, Théâtre Na Loba à Pennautier, la conférence inédite de Charles Peytavie, historien du catharisme et de la Croisade albigeoise.

Les Pennautier. L’histoire mouvementée d’un lignage au cœur de la Croisade albigeoise et de la lutte contre l’hérésie (XIIe-XIVe siècles).

Sceau de la communauté de Pennautier, 1303. Cliché Gauthier Langlois.

Sceau de la communauté de Pennautier, 1303. Cliché Gauthier Langlois.

Présents depuis le début du XIIe siècle dans l’entourage des vicomtes de Carcassonne, les Trencavel, les seigneurs de Pennautier témoignent d’une fidélité sans faille à leurs suzerains au moment où ceux-ci deviennent la cible de l’Eglise de Rome et de la Croisade contre les Albigeois. Comptant parmi eux de nombreux fidèles au christianisme des Bons Hommes voire même des membres de ce clergé dissident, ils deviennent à leur tour la cible des croisés puis des inquisiteurs. Alors que plusieurs membres du lignage sont condamnés pour hérésie ou complicité avec les hérétiques, d’autres rejoignent les insurgés qui tentent de reprendre Carcassonne au nom de Raymond Trencavel en 1240. Faydits notoires et exemplaires, traqués désormais autant par le lys et que par la croix, ils n’hésitent pas à braver le danger organisant plusieurs voyages jusqu’à Montségur afin d’écouter la parole des plus grands dignitaires du catharisme. Privés de leurs biens et de leurs droits sur la seigneurie de Pennautier, dépossédés au profit de la Couronne, ils payeront longtemps, comme nous le verrons, leurs engagements politique et religieux. On comprend pourquoi, dans la seconde moitié du XIIIe siècle, leurs héritiers ne parviendront jamais à retrouver l’intégralité de leurs biens même au prix d’un long et redoutable bras de fer judiciaire avec le roi et ses représentants dans la sénéchaussée de Carcassonne. Il faudra du temps pour que les derniers membres du lignage de Pennautier deviennent des serviteurs zélés du souverain capétien. Quant à la réconciliation avec l’Eglise, nous verrons comment elle advint en offrant à certains des membres de cette turbulente famille de très belles opportunités de carrière.


Imbert de Salles, le héros du roman de Bernard Mahoux, est le seul défenseur de Montségur à être honoré par une stèle.

6 décembre 2013
Stèle de Salles-sur-Cérou.

Stèle de Salles-sur-Cérou. © Ch. Peytavie.

Le saviez-vous ?

Imbert de Salles, le personnage historique que l’écrivain Bernard Mahoux nous propose de découvrir  samedi 07 décembre 2013 à 14 h 30 à Carcassonne, au cours d’une conférence à l’auditorium des Jésuites, rue des Etudes, est le seul défenseur de Montségur à être immortalisé sous la forme d’une stèle.
Le monument de Salles-sur-Cérou a été inauguré en 2009.Avant lui, aucun défenseur du castrum de Montségur au cours du grand siège de 1243-1244 n’avait encore eu droit à pareil hommage public. Mais au cours du troisième festival de la « Pierre de Salles » organisé par l’association Lou Passadou, les 1er et 2 mai 2009, Salles-sur-Cérou, un très beau village médiéval près de Cordes, a honoré la mémoire de cet enfant du pays sous la forme d’une stèle posée sur le mur de l’église du village.
Elle est l’oeuvre d’une équipe de tailleurs et sculpteurs composée de Pascal Waringo, Andrew Scott, Pascal Gaud, Josin Xifra, Patrick et Karine Sygenda. Le croquis et les mesures ont été effectués à partir du nombre d’or par Michel Delcausse, imagier à Cordes.


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