Conférence: Les Marceille, un lignage méridional du Razès au cœur de l’hérésie.

8 mai 2014

Samedi 17 mai 2014.
La Société d’Etudes Scientifiques de l’Aude organise sa séance mensuelle à Limoux. L’après-midi, à partir de 14 h 45, elle organise une séance publique ouverte à tous consacrée au site de Marceille, entre Limoux et Pieusse. RDV devant l’abri des pèlerins à l’entrée du parc de la basilique.
A cette occasion, l’historien médiéviste Charles Peytavie reviendra sur une page méconnue de l’histoire de ce site liée à l’histoire du catharisme.

Charles Peytavie : Les Marceille, un lignage méridional du Razès au cœur de l’hérésie.

Le site de Marceille, entre Limoux et Pieusse, aujourd'hui occupé par le parc de la basilique gothique. Au fonds le pic de Nore.

Le site de Marceille, entre Limoux et Pieusse, aujourd’hui occupé par le parc de la basilique gothique. Au fonds le pic de Nore. Photo Franc Bardou.

Avignonet. © Franc Bardou.

Avant d’être le lieu d’un pèlerinage très réputée dès le XIVe siècle, Marceille près de Limoux fut au XIIe et XIIIe siècle une petite localité et un terroir très disputés qui ont donné leur nom à un lignage très en vue dans le Razès. Ces chevaliers de Marceille vivaient dans l’entourage des seigneurs des grandes familles du Razès (les Alaigne, vicomtes du Razès, les seigneurs de Pieusse ou de Routier) et du Lauragais (en particulier les Laurac), fidèles aux Trencavel. Les sources inquisitoriales nous révèlent aussi leur lien étroit avec les Bons Hommes. Charles Peytavie, reviendra tout particulièrement sur le destin du chevalier Raymond de Marceille. Dans les années 1230, ce chevalier faidit ayant participé aux guerres contre Montfort, rend de nombreuses visites à Montségur. De toutes les batailles (siège de Carcassonne en 1240, expédition d’Avignonet contre les inquisiteurs en 1242) celui en qui l’historien Michel Roquebert verra l’un des « sept samouraïs de Montségur » est chargé de la défense du pog. Il choisit d’y mourir en mars 1244 sur le bûcher par fidélité à ses convictions religieuses.

Cette première intervention sera suivie d’une conférence de l’historienne de l’art Julie Grassin Delyle : Nouveaux regards sur les décors sculptés de Notre-Dame de Marceille à Limoux, XVIIe-XVIIIe siècles

et d’une visite de l’église gothique avec les deux historiens.


Le catharisme dans une société urbaine languedocienne en mutation : le cas de Limoux au XIIIe et XIVe siècles.

11 novembre 2011

La Société d’Etudes Scientifiques de l’Aude vous invite  le samedi 19 novembre à 15 h 30, dans la ville basse de Carcassonne, à l’auditorium de la chapelle des Jésuites, rue des Etudes, à la conférence de Charles Peytavie, historien médiéviste, président de la Société d’Etudes Scientifiques de l’Aude, intitulée

Le catharisme dans une société urbaine languedocienne en mutation: le cas de Limoux au XIIIe et XIVe siècles.

Entrée gratuite.

L'église Saint-Martin de Limoux. © Franc Bardou.

Au début du XIIIesiècle, dans le contexte de la répression contre les hérésies dans le Midi de la France, la ville de Limoux est considérée comme un foyer majeur de la dissidence religieuse. Déclarée « faydite et rebelle » dès les débuts de la Croisade albigeoise en 1209, sa population est excommuniée en 1227 pour avoir accordé son aide et l’asile aux hérétiques. Son engagement contre les armées royales de Louis VIII et Louis IX est tel que le conflit étendu à tout le Razès et à la Haute vallée de l’Aude prendra, chez ceux qui en furent les témoins, le nom de « Guerre de Limoux ». En conséquence, dès 1242, Limoux est l’une des villes du Midi les plus frappées par l’Inquisition. Ce tribunal s’attaque à toutes les couches sociales de la cité convaincues de proximité avec l’hérésie des Bons hommes : la petite noblesse locale (les Marceille, les Taich, etc.) dont les membres continuent d’apporter avec régularité  et opiniâtreté leur aide aux  hérétiques et aux défenseurs de Montségur et les notables ou artisans de la ville déclarés accusés d’avoir assisté à des réunions hérétiques ou de leur avoir apporté assistance et soutien matériel. En quelques années, pénitences, condamnations et sanctions s’abattent sur la ville sans que pour autant ne s’éteigne définitivement ce vivier de la foi cathare.

Limoux. Le clocher de l'ancien couvent des franciscains (XIVe siècle). © Franc Bardou.

Au début du XIVe siècle, les Bons hommes Pierre et Jacques Authié peuvent encore bénéficier d’un solide réseau de croyants dans cette cité qui cultive toujours un fort esprit d’indépendance face aux pouvoirs dominants. Mais dans une société urbaine languedocienne en pleine mutation et une ville devenue le terrain de prédication de nombreuses institutions religieuses catholiques, le catharisme s’est désormais profondément marginalisé. Les raisons de cet effacement progressif sont complexes mais l’étude d’un cas comme celui de la ville de Limoux permet d’avancer quelques hypothèses.


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