Avant de recevoir dans quelques jours l’écrivain et poète Michel Cosem, qui évoquera pour nous son ami René Nelli, petit retour en images sur la merveilleuse conférence proposée par Michel Adroher sur les troubadours du Roussillon le 28 février dernier. Nous espérons très vite le recevoir à nouveau à Carcassonne pour explorer avec lui bien d’autres points d’influences et de confluences entre les littératures médiévales occitanes et catalanes.
Prochaine rando-découverte sur les traces des cathares en Cabardès à Montolieu, samedi 04 avril 2015, à partir de 13 h 45.
8 mars 2015
Montolieu. Photo Franc Bardou.
Sur les pas des cathares à Montolieu.
Une nouvelle rando-découverte organisée par l’Association Patrimoines, vallées des Cabardès et l’Association d’Etudes du Catharisme / René Nelli, samedi 04 avril 2015.
en compagnie de Franc BARDOU, Jean-Claude CAPERA et Charles PEYTAVIE.
Rendez-vous à partir de 13 h 30, sur le parking (155 m), chemin de la chapelle St Roch, (en arrivant à Montolieu, après la maison de retraite Saint Vincent de Paul, ancien couvent, à droite). Rando-découverte facile d’environ 3 h sous l’entière responsabilité de chacun des participants, chaussures de marche conseillées.
Des épisodes méconnus de la résistance à la Croisade

Montolieu. Eglise Saint-André, détail. Photo Franc Bardou.
Bien que siège de l’une des plus importants et des plus anciens monastères bénédictins de la Montagne Noire (Saint-Jean de Valsiguier attesté dès le début du IXe siècle), le village fortifié de Montolieu fut, au cours des XIIe et XIIIe siècles, une plaque tournante de l’activité des Bons hommes en Cabardès et en Carcassès. Plusieurs d’entre eux résident dans le village ou y sont reçus régulièrement par la noblesse locale, en particulier la bonne société féminine du lieu. En août 1209, quelques jours après la prise de Carcassonne, l’abbaye de Montolieu est attaquée, pillée et brûlée par les hommes du Cabardès, partisans du vicomte Raymond-Roger Trencavel. Les moines bénédictins et leur prieur Isarn d’Aragon sont contraints de fuir vers la Cité où ils trouvent refuge auprès des croisés. Cet épisode va fortement marquer l’avenir de la communauté villageoise et ses relations avec le monastère à l’époque de la Croisade (entre 1209 et 1229) et dans les années qui vont suivre au cours desquelles s’installent à Carcassonne et l’autorité royale et l’Inquisition.
Une présence active des hérétiques au plus fort de la Croisade

Sceau de la communauté de Montolieu, 1303.
En 1220, les moines vont obtenir d’Amaury de Montfort tout pouvoir seigneurial sur les habitants de Montolieu. Mais au même moment, le Cabardès devient, avec Limoux en Razès, l’un des grands pôles de résistance à la Croisade. C’est la période connue sous le nom de « guerre de Limoux et de Cabaret ». Les prédicateurs cathares sont de retour à Montolieu et prêchent à nouveau devant la noblesse locale. Cette adhésion de la communauté aux forces qui s’opposent aux croisés provoquera le démantèlement des fortifications du castrum rebelle. L’intégration du Cabardès dans le domaine royal capétien à partir de 1229 ne freine pas l’activité des Bons hommes à Montolieu et ses environs. Même l’effort des moines de se rapprocher de la population en lui concédant des libertés et franchises n’y fera rien. Les habitants de Montolieu semblent vouloir rester fidèles à la lignée des Trencavel.
Une population rebelle face au roi de France et à l’Eglise

L’église paroissiale Saint-André de Montolieu, chef d’oeuvre de l’art gothique méridional et instrument de la reconquête spirituelle de la population à la fin du XIIIe siècle. Photo Franc Bardou.
Conséquence, en août 1240, la population de Montolieu se rallie à Raymond Trencavel. Lors du passage du vicomte et ses faydits, le monastère subit à nouveau de nombreux dégâts. Les bâtiments monastiques sont envahis. L’échec de la prise de Carcassonne engendre des représailles : Jean de Baumont marche avec les troupes capétiennes vers Montolieu; il assiège la localité, s’en rend maître et la rase de fond en comble. Les libertés villageoises sont abolies par les moines avant d’être renégociées, la population est soumise à de fortes amendes. Consécutivement, l’Inquisition débute la traque des hérétiques en Cabardès et cherche à connaître les réseaux d’entraide présents dans le village. Certains hérétiques seront emmurés à Montolieu même. Quant aux moines, outre le fait qu’ils vont considérablement enrichir le patrimoine de leur abbaye avec les biens confisqués aux faydits de la région, ils vont devoir entreprendre dans seconde moitié du XIIIe siècle la reconquête spirituelle des habitants de Montolieu. Cela se concrétisera par la reconstruction de l’église paroissiale au centre du nouveau village, l’église Saint-André, aujourd’hui considérée comme un chef d’oeuvre de l’art gothique méridional.
Au cours de la visite, l’historien médiéviste Charles Peytavie reviendra en détails sur tous ces épisodes méconnus de l’histoire de la communauté de Montolieu; Franc Bardou évoquera l’art des troubadours contemporains de cette histoire et Jean-Claude Capéra nous proposera une approche paysagère et géologique des lieux parcourus (il nous parlera tout spécialement du calcaire de Montolieu). La rando comprend la visite de l’église Saint-André.

Montolieu depuis la croix de Saint-Roch. Une étape de notre rando-découverte. Photo Jean-Claude Capéra.
Conférence. Carcassonne, samedi 21 février 2015. Un trésor du patrimoine médiéval narbonnais : le Pontifical de l’archevêque Pierre de la Jugie (1350)
3 février 2015
L’archevêque de Narbonne Pierre de la Jugie (1319-1376)
Samedi 21 février 2015. Carcassonne, Auditorium des Jésuites, 14 h 30, La Société d’Etudes Scientifiques de l’Aude reçoit, au cours de sa séance mensuelle, Emilie Nadal, docteur en Histoire de l’Art et chercheur associée au laboratoire TRACES (UMR 5608) – Université de Toulouse Jean Jaurès.
Entrée libre et gratuite.
Un trésor du patrimoine médiéval narbonnais : le Pontifical de l’archevêque Pierre de la Jugie (1350)
En 1350, Pierre de la Jugie est depuis trois ans sur le siège de Narbonne, à la tête d’un des archevêchés les plus riches du royaume de France. Il a seulement 29 ans et doit sa nomination aux bonnes grâces de son oncle, le pape Clément VI lorsqu’il décide de faire réaliser un magnifique pontifical, ouvrage contenant les bénédictions et consécrations réservées à l’évêque, auxquels il fait ajouter d’autres textes personnels.

Pontifical de l’archevêque de Narbonne Pierre de la Jugie. Bénédiction d’un bateau.
Ce livre est aujourd’hui un des plus beaux témoins de l’histoire de l’art médiéval du Languedoc. C’est un gros manuscrit de 185 feuillets en parchemin qui mesure environ 37 cm de haut sur 27 cm de large, et qui présente un décor d’exception : une peinture en pleine page, 24 miniatures pour le calendrier, 61 lettres historiées encore en place (d’autres ont été découpées et vendues), d’innombrables décors marginaux, le tout ayant été peint par quatre artistes différents, venus de toute l’Europe. Ce livre luxueux a été conçu dès l’origine comme un objet d’apparat et de prestige, pour que le nom de Pierre de la Jugie reste dans les mémoires. Cette conférence permettra de revenir sur le personnage, sur les éléments les plus personnels de son livre, mais aussi sur le parcours des artistes qui ont été amené à travailler pour lui.
Beau succès pour la conférence consacrée à Raymond Trencavel et au siège de la Cité de Carcassonne en 1240.
3 février 2015Retour en images sur la conférence « Trencavel à l’assaut de la Cité » du 31 janvier 2015. Nous étions près de 80 personnes dans ce magnifique lieu qu’est l’auditorium de la chapelle des Jésuites pour écouter Bernard Mahoux et Gauthier Langlois.
Pour ceux qui ne pouvaient être présents nous rappelons que vous pouvez retrouver l’historique du siège de 1240 à Carcassonne dans les ouvrages suivants :
* Olivier de Termes, le cathare et le croisé, éditions Privat par G. Langlois (épuisé, réédition envisagée).
* Les grandes batailles méridionales, éditions Privat (sur commande auprès de tout libraire).
* Le magazine Archéothéma 23, Châteaux en pays cathare (sur commande auprès de l’éditeur).
* La BD L’Aude dans l’Histoire, éditions Aldacom (sur commande auprès de tout libraire).
* le roman Le retour du Rebelle, éditions TDO, par B. Mahoux (actuellement en librairie).
Samedi 31 janvier 2015, à Carcassonne, « Trencavel à l’assaut de la Cité. Le grand siège de 1240. »
20 janvier 2015[Conférence]
Carcassonne, samedi 31 janvier 2015, à 14 h 30, l’AEC / René Nelli vous invite à la conférence publique à deux voix de Bernard Mahoux & Gauthier Langlois
« Trencavel à l’assaut de la Cité. Le grand siège de 1240. »
Auditorium de la chapelle des Jésuites, rue des Etudes à Carcassonne.
Les deux auteurs dédicaceront leurs ouvrages respectifs à la fin de la conférence.
A la fin de l’été 1240, le jeune vicomte de Carcassonne, Albi et Béziers, Raymond Trencavel, tente de reprendre possession des terres dont la Croisade puis le roi de France l’a spolié. Grâce au soutien massif de la population, de la noblesse locale – et particulièrement des sympathisants du catharisme – il assiège la cité de Carcassonne où s’est réfugié le sénéchal représentant le roi capétien.
L’historien médiéviste Gauthier Langlois, qui a déjà publié plusieurs articles de référence sur ce siège, et l’écrivain Bernard Mahoux, qui fait revivre cet épisode dans son roman « Le Retour du rebelle. Carcassonne ou mourir (TDO éditions), unissent leur voix pour évoquer ce grand épisode de l’histoire de la Cité de Carcassonne.
Beau succès pour notre dernière journée découverte à Burlats sur les traces de la vicomtesse Adélaïde et du catharisme en pays castrais dans la vallée de l’Agoût.
20 octobre 2014Samedi 27 septembre 2014, les membres de notre association s’étaient donnés rendez-vous à Burlats sur les traces de la vicomtesse Adélaïde et du catharisme en pays castrais dans la vallée de l’Agoût. Ils furent aussi rejoints l’après-midi par plusieurs habitants du village désireux d’assister à la conférence à deux voix proposée par l’historien médiéviste Charles Peytavie et le romancier Bernard Mahoux. Un grand merci pour leur accueil à notre guide Jean-Louis Spertino (Association Patrimoine et culture du Burlats),aux représentants de la commune ainsi qu’au personnel du Moulin des Sitelles et aux propriétaires du château de Burlats. Retour en images sur ce très beau moment de convivialité et de culture populaire qui nous a permis de découvrir un patrimoine médiéval extraordinaire.
© Photos publiées avec l’autorisation de leurs auteurs: Franc Bardou, Jean-Claude Peytavie et Michel Gybels.
Conférence sur le consolament. Samedi 11 octobre 2014 à Carcassonne. Auditorium des Jésuites, 14 h 30. entrée libre.
8 octobre 2014
Carcassonne, samedi 11 octobre 2014, l’AEC / René Nelli débute son cycle de conférences de fin d’année consacré au catharisme et à l’histoire de la société médiévale méridionale.
L’historien médiéviste Charles Peytavie proposera une conférence intitulée:
Au cœur des pratiques rituelles et sociales des communautés cathares, le consolament ou baptême spirituel.
Carcassonne, ville basse, Auditorium des Jésuites, à 14 h 30. Entrée libre.
Rite public et collectif au cœur de la liturgie et de la vie religieuse des Bons hommes, le consolament, appelé aussi « saint baptême de Jésus-Christ », est le seul sacrement que les cathares considèrent comme fondé par le Christ et attesté par les Ecritures. Geste de salut aux apôtres, il marque le moment crucial au cours duquel le ou la novice, adulte et en pleine conscience, choisit d’intégrer l’Eglise des Bons chrétiens. Baptême par imposition des mains, complémentaire du baptême de l’eau, il a aussi valeur de pénitence, déliant des péchés et il est aussi considéré en particulier par les croyants comme une extrême-onction offrant au moment de sa mort au récipiendaire une garantie de salut.
Depuis quelques années, le consolament fait l’objet de nombreuses recherches dont certains résultats ou hypothèses seront présentés au cours de cette conférence. D’abord du point de vue de l’histoire des croyances chrétiennes et de celle des pratiques sacramentaires. Il s’agit ici de s’interroger par exemple sur les nombreuses variations que l’on observe dans sa pratique à l’échelle des diverses communautés cathares présentes dans l’Occident chrétien entre les XIIe et XIVe siècles. Une autre question est également posée sur le lien réel ou supposé entre la tradition cathare du baptême de l’esprit et le rite d’initiation proposé par d’autres mouvements dissidents orientaux comme les bogomiles. Et puis d’autres historiens se sont aussi penchés sur le consolement en tant que pratique sociale essayant de comprendre l’impact de ce rite au cœur des sociétés dans lesquelles il était pratiqué. La réception du consolament par certains membres d’une famille a-t-elle toujours été bien reçue par le reste de leurs proches ? A l’intérieur d’un foyer de croyants, comment se prenait la décision de passer ce cap décisif de sa vie religieuse ? Quel impact ce choix pouvait-il avoir dans la vie courante ?
Là encore, la relecture des sources à notre disposition montre que la réception du consolament est un enjeu crucial qui questionne toutes les composantes de la société.
Publié par aecnelli 







