



14 h 30 – 15 h 00. L’évêque Clarin, les Dominicains et la création de l’Inquisition à Carcassonne (1233-1248). Conférence proposée par Charles Peytavie, historien médiéviste, spécialiste du catharisme.
Ancien chapelain et chancelier de Simon de Montfort, Clarin devient évêque de Carcassonne en 1226. Il s’engage aussitôt dans la réforme des institutions ecclésiastiques de son diocèse et mène un combat obstiné contre les hérétiques (cathares et vaudois). A partir de 1233 et jusqu’à sa mort en 1248, il accompagne la création de l’Inquisition à Carcassonne et facilite l’installation matérielle des inquisiteurs dominicains dans sa cité épiscopale. Retour sur un évêque oublié de Carcassonne dont l’action fut pourtant décisive dans la lutte contre les hérésies méridionales.

Les vestiges de la prison inquisitoriale de Carcassonne retrouvés par D. Baudreu et F Calvayrac en 2012 au pied de la Cité. Photo D. Baudreu.
15 h 00 – 16 h 30. La redécouverte du « Mur » ou prison de l’Inquisition à Carcassonne. Enquête sur un monument oublié. Conférence proposée par Dominique Baudreu, historien et archéologue au Centre d’archéologie médiévale du Languedoc et Fabienne Calvayrac, guide-conférencière nationale.
Lieu d’incarcération de nombreux hérétiques (parmi lesquels le dernier Bon homme connu, Bélibaste, qui s’en est évadé) ou de leurs partisans, la prison de l’Inquisition de Carcassonne ou Mur, institution à la fois crainte et dénoncée par les habitants du Midi, demeura pendant un temps le symbole de l’action répressive menée par les inquisiteurs. Grande figure de cette contestation au début du XIVe siècle, le franciscain Bernard Délicieux y fut enfermé en décembre 1319 et y mourut quelques mois plus tard.
Identifiée au début du XXe siècle, l’emprise du Mur n’a pas pour autant réellement attiré la curiosité des chercheurs. Mais depuis quelques années, des reconnaissances de terrain confrontées aux données historiques nous permettent de mieux cerner les limites de la prison et d’en caractériser les vestiges. En 2012, Dominique Baudreu et Fabienne Calvayrac ont pu entamer une étude des vestiges encore en élévation. Un sondage archéologique a permis de dégager jusqu’au seuil ce qui fut probablement l’unique porte du Mur, bien différente de celle qu’avait pu imaginer le peintre Jean-Paul Laurens en son temps.
Samedi 14 octobre 2017, à 14 h 30, L’Association d’Etudes du Catharisme / René Nelli vous invite à Carcassonne, salle de l’auditorium de la chapelle des Jésuites, rue des Etudes (entrée libre et gratuite) à
Une rencontre-dédicace avec le romancier Francis Pornon à l’occasion de la parution de son nouveau livre
La Dame de Toulouse chez TDO Editions
Azalaïs dite de Burlatz, fille de Constance de France et de Raimon V, comte de Toulouse, vécut la seconde moitié du XIIème siècle. Elle est connue pour avoir été mécène de troubadours et pour sa vie relativement indépendante, en ayant passé l’essentiel sans son époux Rogier II Trencavel, vicomte de Carcassonne. Elle fut contemporaine de la menace de croisade contre les « Albigeois » (cathares) qui laissait présager du véritable désastre à venir en Languedoc, celui qui mettrait fin à l’essor de la civilisation occitane opulente et berceau de l’amour courtois.
Dans ses romans historiques, Francis Pornon s’attache à la compréhension des personnages en leur temps, pour compléter la connaissance des faits et de l’époque en tâchant de revivre le trajet et le ressenti des personnes.
Au cours de cette rencontre, il s’attachera, sous la forme d’une conférence, à évoquer la personnalité et les aventures d’Azalaïs et à montrer l’importance de la culture occitane aux XIIème et XIIème siècles, ses richesses et particularités comme ses gravités, catharisme et fin’amor entre autres, soumises à la convoitise et à l’adversité. Il émaillera son propos de lectures vivantes d’extraits de livres.

Quéribus. Photo Franc Bardou.

Quéribus depuis Notre-Dame de Laval (Saint-Paul de Fenouillet). Photo Franc Bardou.
Samedi 20 mai 2017, la Société d’Etudes d’Etudes de l’Aude vous propose deux nouvelles conférences, à partir de 14 h 30, auditorium de la chapelle de Jésuites, rue des Etudes. Entrée libre et gratuite.
Au programme : La Roca de Buc alias Quéribus : pour une révision de l’itinéraire de l’expédition de Jean de Beaumont dans la sénéchaussée de Carcassonne (1240) & le Desman des Pyrénées.
14 h 30 : La Roca de Buc alias Quéribus : pour une révision de l’itinéraire de l’expédition de Jean de Beaumont dans la sénéchaussée de Carcassonne (1240). Rodrigue Tréton. David Gazel.
L’expédition de l’ost royal entreprise au cours de l’automne 1240 sous la conduite du chambellan Jean de Beaumont afin de libérer la cité de Carcassonne assiégée par l’armée de Trencavel constitue un épisode martial bien connu de l’histoire de la Croisade contre les Albigeois. Des travaux récents nous invitent toutefois à reconsidérer la question de l’identification du lieu de la Roca de Buc, qui serait en fait le château de Quéribus, et partant à proposer une révision de l’itinéraire suivit par l’armée française partie à la poursuite des faydits en déroute à travers le Razès et le Termenès.
Entre défense de la foi et réforme de la vie pastorale, l’action de Clarin à la tête de l’évêché de Carcassonne (1226-1248).

Maître Clarin est désigné évêque de Carcassonne en 1226. Son accession à l’épiscopat dans le contexte de la croisade conduite par le roi Louis VIII fut une étape importante dans une carrière déjà longue toute entière dévouée à la défense de la foi. L’homme n’est pas un inconnu à Carcassonne. Chapelain, puis chancelier de Simon de Montfort, il fut entre 1209 et 1218 le témoin privilégié des succès et des échecs du chef militaire de la Croisade albigeoise devenu vicomte de Béziers et de Carcassonne puis comte de Toulouse. Poursuivant sa carrière après 1218 au service d’Amaury de Montfort, il continue à jouer un rôle politique de premier plan à son arrivée à la tête de l’évêché carcassonnais. Agent de la paix du roi et de l’Eglise, il négocie la reddition des carcassonnais et celle du château de Termes (1227-1229).
Sa bonne connaissance des enjeux religieux et politiques en fait alors un auxiliaire indispensable à la Couronne. Jusqu’à sa mort en 1248, il est l’artisan zélé de la paix du roi œuvrant, après l’échec du siège de Carcassonne en 1240, à la soumission du vicomte Raimond Trencavel et à la réconciliation des carcassonnais avec le pouvoir capétien.
Intransigeant en matière de foi, il prend aussi une part très active dans la lutte contre les hérétiques. Tout en favorisant l’installation des ordres mendiants à Carcassonne (Dominicains, Franciscains), il joue un rôle notable pour imposer dans les pays de langue d’oc la nouvelle inquisition pontificale. Il devient, à partir de 1233, l’un de ses plus dévoués protecteurs. En parallèle, il affiche aussi sa ferme volonté de poursuivre la réforme de la vie pastorale de son diocèse et de rétablir les prérogatives du clergé de son église cathédrale. A la fin de cette communication, nous évoquerons brièvement la vie de son neveu, le dominicain Jean de Carcassonne ; nous verrons quel rôle il joua auprès de Louis IX et de son oncle dans la fondation du couvent des Dominicains de Carcassonne et quelle fut sa mission diplomatique pour saint Louis et le pape Innocent IV chez les Mongols à la Cour suprême du grand Khan.
L’Association d’Etudes du Catharisme / René Nelli vous invite à assister à Carcassonne, salle de l’auditorium de la chapelle des Jésuites, rue des Etudes (entrée libre et gratuite) le samedi 12 novembre 2016, à 14 h 30 à une nouvelle conférence de l’historien médiéviste Rodrigue Tréton :
Le traité de Corbeil (1258) et l’annexion de la vicomté de Fenolhedès au royaume de France
La vicomté de Fenolhedès, petit pays pyrénéen blotti aux confins de la Catalogne, fut l’un des derniers territoires languedociens à se soumettre à la paix du roi de France et de l’Eglise. La fin de la résistance des faidits, symboliquement marquée par la prise du château de Quéribus en 1255, coïncide avec le début des négociations diplomatiques entre le roi d’Aragon Jacques Ier et le roi de France Louis IX, lesquelles aboutissent à la signature du traité de Corbeil-Barcelone en 1258. L’évocation de cet événement politique déterminant pour l’histoire de notre région nous amènera à évoquer particulièrement les enjeux et les motifs qui concoururent à l’annexion de la vicomté de Fenolhedès, puis à sa suppression définitive en 1262.

Samedi 24 septembre 2016 à partir de 14 h 30, l’AEC / René Nelli a le plaisr de vous inviter à la conférence publique et gratuite à Carcassonne, Auditorium des Jésuites, rue des Etudes, de
Michel Adroher
maître de conférences en langue et littérature médiévales à l’Université de Perpignan Via Domitia
Il nous présentera
La Stòria del Sant Grasal, une version catalane médiévale de la Quête du Saint Graal. (XIVe siècle).
Présentation de la conférence :
Le Graal. Depuis Chrétien de Troyes jusqu’à Dan Brown, depuis le Conte du Graal jusqu’au Da Vinci Code, voici huit siècles que la littérature occidentale brode inlassablement sur le mythe du Saint Graal, source inépuisable d’authentiques chefs-d’œuvre et de modernes best-sellers. L’Europe médiévale témoigne précocement de cet engouement pour le Saint Graal qui s’exprime à travers la diffusion de la littérature arthurienne en langue d’oïl aux quatre coins du continent. La Catalogne des XIVe et XVe siècles ne fait pas exception…Une œuvre se démarque : la Stòria del Sant Grasal, version catalane datée de 1380 de la Queste del Saint Graal, rédigée par un clerc franciscain acquis aux idées millénaristes de Joachim de Flore.
Michel ADROHER est maître de conférences en langue et littérature médiévales à l’Université de Perpignan Via Domitia. Il travaille essentiellement sur les rapports d’influence qui se sont tissés au cours du Moyen Âge entre les littératures française, catalane et occitane.
Auteur d’un ouvrage sur les troubadours roussillonnais, il prépare actuellement à Barcelone l’édition de la Stòria del Sant Grasal, version catalane de la Queste del Saint Graal.